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Le décryptage éco. La grève à Air France continue : la direction lance un référendum

Les 44 000 employés d’Air France pourront voter par voie électronique pour dire si oui ou non ils sont favorables au dernier accord que la direction a proposé.

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Le PDG d\'Air France, Jean-Marc Janaillac, lors d\'une conférence de presse le 20 avril 2018.
Le PDG d'Air France, Jean-Marc Janaillac, lors d'une conférence de presse le 20 avril 2018. (ERIC PIERMONT / AFP)

Pour sortir du conflit qui dure depuis deux mois et qui porte sur des hausses de salaires, Jean-Marc Janaillac, le patron de la compagnie, a annoncé qu’il allait sonder tous les salariés. Les 44 000 employés d’Air France vont ainsi pouvoir voter par voie électronique pour dire si oui ou non ils sont favorables au dernier accord que la direction a proposé, c’est à dire 2% d'augmentation des salaires cette année, et 5% supplémentaires étalés sur les trois prochaines années. En fin de semaine, l’intersyndicale a refusé net : à l’origine, elle demandait 6% de hausse de salaire collective et ne veut pas descendre en dessous de 5,1% cette année.

Quitte ou double

Pour la direction, l’option du référendum est risquée : c’est quitte ou double ! D’autant que Jean-Marc Janaillac a carrément mis dans la balance sa démission. Pour lui, ce mouvement est "un gâchis inacceptable alors qu'une très large majorité des salariés est non-gréviste". C’est auprès de ces non-grévistes qu’il va chercher l’appui, pour sortir de l’impasse et mettre en minorité les syndicats. Et notamment le syndicat de pilote, le puissant SNPL, majoritaire chez Air France et déterminé à aller jusqu’au bout. Jean-Marc Jainaillac insiste sur l’urgence à sortir vite de la grève qui a déjà coûté près de 300 millions d’euros de pertes, ce qui représente la moitié du bénéfice qu’Air France a dégagé l’année dernière.

28% des pilotes sont grévistes

En même temps, la grève reste assez suivie : aujourd’hui et demain, Air France est de nouveau en grève. Et les grévistes représentent encore environ 28 % des pilotes. On est à un peu moins de 20 % pour les navigants. Même niveau pour le personnel au sol. Mais c’est suffisant pour perturber le trafic puisqu’un quart des vols sont annulés aujourd’hui. C’est à peine un peu moins que mercredi, lors du dernier débrayage. Le mouvement baisse, mais très légèrement depuis le début du conflit… Ce n’est pas la première fois que la consultation est utilisée : en 1994, le PDG d’alors, Christian Blanc, avait lancé un référendum alors qu’il ne réussissait pas à trouver un accord avec les syndicats. La situation est toutefois un peu différente car, à l’époque, il s’agissait de valider un plan avec 5 000 suppressions d’emplois et un gel des salaires.

Aucune valeur juridique

Plus de 80 % des salariés avaient approuvé la démarche de Christian Blanc, qui avait eu les coudées franches pour restructurer de la compagnie. Là, même si la direction l’emporte, cela ne validera pas l’accord. Air France a bien précisé que c’était une consultation et pas un référendum qui n’a aucune de valeur juridique. Pour avoir un accord, il lui faudra de toute façon la signature des syndicats. Et même si elle permet de sortir de l’impasse, cette stratégie promet de laisser des traces, de tendre les syndicats. Le risque étant aussi d’avoir les pilotes qui disent non et les personnels au sol qui disent oui, et donc diviser les salariés. La consultation va démarrer jeudi prochain et devrait durer une dizaine de jours.

Le PDG d\'Air France, Jean-Marc Janaillac, lors d\'une conférence de presse le 20 avril 2018.
Le PDG d'Air France, Jean-Marc Janaillac, lors d'une conférence de presse le 20 avril 2018. (ERIC PIERMONT / AFP)