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Le décryptage éco. Emploi : l'assurance chômage en cas de démission sera tout sauf automatique

Démissionner de son emploi et bénéficier des allocations chômage : la promesse de campagne d’Emmanuel Macron va devenir concrète. Mais avec de strictes conditions. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

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Un homme à un guichet de Pôle emploi à Montpellier (Hérault).
Un homme à un guichet de Pôle emploi à Montpellier (Hérault). (PASCAL GUYOT / AFP)

Indemniser les démissionnaires : la promesse d'Emmanuel Macron n’était toujours pas effective alors que le président en avait parlé en 2017. L’indemnisation de ceux qui démissionnent de leur emploi figure dans la loi Pénicaud, votée l’année dernière mais il manquait un décret pour qu’elle entre en vigueur. C’est ce décret qui va être adopté prochainement, en juin ou en juillet pour que l’indemnisation des démissionnaires s’applique avant la fin de l’année. Mais attention, ce ne sera pas : j'en ai marre de mon employeur, je démissionne et je touche le chômage pendant deux ans.

Pas d'indemnités pour les démissions "de confort"

Pour toucher le chômage, il faudra donner des garanties. La première, c’est d’avoir travaillé au moins cinq ans consécutifs – et donc cotisé à l’assurance chômage. Ensuite il faudra montrer que l’on démissionne avec, derrière, un projet sérieux, réfléchi, pour se reconvertir dans une autre voie, ou pour créer son entreprise. Chaque demande sera examinée par une commission d’experts de Pôle emploi, avec des représentants des syndicats de salariés et de représentants d’employeurs. Eux seuls jugeront si le projet est viable ou pas et si vous pouvez prétendre à une indemnisation, comme les autres chômeurs qui ont perdu leur emploi. 

Du coup, cela va réduire le nombre de bénéficiaires. Pour le gouvernement, l’assurance chômage n’a pas vocation à vous indemniser parce que vous en avez marre de votre emploi, ou de votre patron. Comme son nom l’indique, c’est une assurance pour vous aider à vous retourner en cas de perte involontaire d’emploi. Pas question, donc, de créer un appel d’air et faire grossir le nombre de chômeurs à Pôle emploi avec des inscriptions "de confort".

De nouveaux droits mais des règles durcies

Le gouvernement parie sur 30 000 démissionnaires qui pourront rentrer dans le dispositif. Ce qui, d’après l’Unedic, l’organisme qui gère l’assurance chômage, coûtera au moins 280 millions d’euros par an.

Et le gouvernement veut réduire le déficit de l’assurance chômage. Il veut montrer qu’il créer des droits nouveaux, pour les démissionnaires ou encore les indépendants, qui eux aussi pourront toucher une allocation chômage – probablement 800 euros par mois pendant six mois – en cas de liquidation judiciaires. Mais derrière ces droits en plus, le gouvernement va surtout durcir les règles d’indemnisation des chômeurs. Pour ceux qui ont de hauts revenus, les cadres, il envisage par exemple de faire en sorte que leurs indemnités soient dégressives au bout de quelques mois de chômage, et de baisser le plafond d’indemnités qui est aujourd’hui à plus de 6 000 euros par mois. Il s’apprête à revoir le mode de calcul des allocations des indemnités de tout le monde. Bref, le tour de vis promet d’être sévère. La réforme devrait être présentée lundi 17 juin.

Un homme à un guichet de Pôle emploi à Montpellier (Hérault).
Un homme à un guichet de Pôle emploi à Montpellier (Hérault). (PASCAL GUYOT / AFP)