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Le décryptage éco. Coronavirus : Laurent Berger demande un abandon des nouvelles règles de l’assurance chômage

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Avec le coronavirus, on s’attend à une crise économique. L’occasion pour Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, de demander au gouvernement de renoncer à sa réforme de l’assurance chômage. Et notamment aux mesures qui doivent entrer en vigueur le 1er avril prochain. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Express").

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Laurent Berger, patron de la CFDT, à Paris, le 10 janvier 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Laurent Berger pense que la crise du conoravirus va fragiliser des milliers de personnes et demande au gouvernement de renoncer à sa réforme de l’assurance chômage. Le leader du premier syndicat de France ne s’en est jamais caché : avant même l’épidémie de coronavirus, cette réforme était, pour lui , une des plus violentes que la France a connu ces dernières années. Déjà, en temps normal, ces nouvelles règles de calcul des indemnités chômage allaient précariser les demandeurs d’emploi.

Avec la crise économique qui s’annonce, l’impact va être décuplé. Ces mesures qui doivent entrer en vigueur le 1er avril aboutissent notamment à une façon moins généreuse, plus dure, de calculer l’allocation-chômage.

Les travailleurs précaires les plus concernés

Cela concerne beaucoup de monde. L'été dernier, la Caisse d'assurance chômage a fait les calculs : elle parlait de plus d’1,3 million de personnes concernées. Ce sont surtout les inscrits à Pôle emploi qui alternent ou qui cumulent des contrats de travail et des périodes de chômage, ceux qu’on appelle les travailleurs précaires. Ils enchainent les CDD courts dans la restauration, l’hôtellerie, le transport, la grande distribution, sur les chantiers, mais aussi à ceux qui travaillent à la mission dans l’évènementiel (et qui ne sont pas intermittents). 
Avec la réforme, tous vont y perdre. Et avec le coronavirus, ce sera la double peine parce qu’en temps de crise ils sont souvent la première variable d’ajustement.

Le gouvernement peut-il reculer et accepter cette demande ?

Aujourd’hui, cela semble difficile, car ces mesures sont un des piliers, le cœur même de la réforme Macron. Mais il faut voir comment l’épidémie du coronavirus évolue, parce que tout le monde le dit, y compris au gouvernement : les conséquences économiques vont être très sévères. L’argument de la CFDT mais aussi de FO et de la CGT, c’est aussi : puisque vous aidez les entreprises en difficulté, aidez aussi les travailleurs ou les demandeurs d’emploi qui vont l’être, le chômage n’est pas un choix !

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