Guerre en Ukraine et reprise du Covid-19 en Chine : deux usines Renault mises à l'arrêt en France

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La situation sanitaire en Chine a un impact concret et direct sur l'économie en France. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
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Chaîne de montage de l'utilitaire Master à l'usine Renault de Batilly (Meurthe-et-Moselle) (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Cette semaine, Renault met à l’arrêt des usines. Faute de pièces électroniques venant d’Ukraine mais aussi d’Asie. L’usine Renault de Batilly, en Meurthe-et-Moselle, stoppe son activité aujourd’hui pour deux semaines. Ce site de 2 700 employés construit notamment le fourgon Renault Master et il manque de pièces. Idem pour l’usine de Renault-Cléon, en Seine-Maritime. Elle va aussi être à l’arrêt pendant trois jours. Elle fabrique des moteurs et des boîtes de vitesse. En cause, à chaque fois, la guerre en Ukraine, mais aussi la reprise de l’épidémie de Covid-19 en Chine qui réduisent les approvisionnements de pièces détachées.

La Chine connaît en ce moment sa plus grave flambée de Covid depuis 2019 et les autorités bouclent des villes entières : une partie de Shanghai est confinée. Ce qui oblige d’ailleurs, là- bas, le constructeur Tesla à fermer sa "Mega Factory", son énorme usine, quelques jours. Dimanche, la ville de Tangshan, base de la sidérurgie chinoise, est aussi mise sous cloche.

Cette situation sanitaire chinoise a des répercussions directes en Europe

Il y a un effet domino à cette situation, un "effet papillon" évident, car nous restons encore très dépendants des productions asiatiques. Meilleure illustration : Shenzhen, mégalopole de 17 millions d’habitants, véritable usine du monde, confinée une semaine. Les constructeurs auto, d’électroménagers, les industriels, mais aussi les marques comme Apple, Microsoft, Samsung... tous vont se servir là-bas.

Devant les pertes liées au confinement, la Chine a annoncé quelques assouplissements, même si la situation sanitaire y est encore très fragile. Mais Pékin ne veut trop ralentir la croissance chinoise estimée à 5,5% cette année. C’est déjà son niveau le plus faible depuis 30 ans.  

La semaine dernière, l’Insee a d’ailleurs bien insisté : la reprise de la pandémie en Chine est clairement une menace pour nous, en plus du conflit en Ukraine. Bref, notre croissance va ralentir. En attendant, une chose est sûre : ça va faire encore augmenter les prix des matériaux et des biens de consommation. Et c’est bien le consommateur européen, français qui sera pénalisé.

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