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Baisse des prix du carburant : jusqu’à quand ?

Le prix des carburants à la pompe en France est au plus bas depuis quatre ans. La question que se posent tous les automobilistes est de savoir si cela va continuer.

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Le carburant va-t-il rester bon marché ? Pas facile de répondre à la question sur le long terme. En revanche, sur le court terme : oui, les prix à la pompe vont rester intéressants. Les économies ne sont pas négligeables pour les automobilistes. Avec un litre de gasoil à 1 euro 22 en moyenne, nous sommes très loin de l’euro 30 ou 40 le litre connu par le passé. Idem pour l’essence et le sans plomb. Sur un plein, on peut arriver à cinq, voire six euros d’économie. A la fin du mois, on le sent agréablement sur le compte en banque.

Le prix des carburants intègre désormais entièrement la baisse des cours du pétrole

Le baril de brut vaut aujourd'hui 80 dollars. Il y a encore quelques années – en 2008 notamment – on atteignait les 120/130 dollars. Seule la fiscalité ne bouge pas. La TVA et la TICPE (la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) représente invariablement entre 55 et 60% du prix à la pompe en fonction des carburants. Sans ces prélèvements de l'Etat, le carburant serait encore moins cher.

Qu'est-ce qui pourrait prolonger la baisse du prix à la pompe ?

Tant que l’offre restera supérieure à la demande, et sauf événement géopolitique majeur, cela va continuer. A cause d’une économie planétaire incertaine, il y a aujourd’hui plus de pétrole disponible que l’industrie mondiale n’en réclame pour tourner. Et puis il y a ‘’les nouveaux pétroles’’ comme le noir bitumineux ou le pétrole de schiste, très en vogue aux Etats-Unis. Depuis 2013, la production américaine de brut et de « liquides » pétroliers – comme les appellent maintenant les spécialistes – a dépassé celle de l’Arabie saoudite. C’est une marche à front renversé, à rebours de la théorie du pétrole ressource de plus en plus rare.

Les gagnants, ce sont bien sûr les consommateurs. Y-a-t-il des perdants ?

Il y a toujours le revers de la médaille. La situation devient délicate pour des pays comme la Russie, l’Algérie, le Nigéria et le Venezuela où une baisse durable de la rente pétrolière accentuerait la fragilité de l’équilibre politique et social. Et puis tout va dépendre aussi de l’OPEP. L’organisation qui regroupe les pays producteurs tient une importante réunion jeudi et pourrait décider, à terme, de prendre des mesures destinées à relever le prix du baril pour le ramener vers les 90 dollars. Bien moins bon pour les automobilistes occidentaux.

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