Le club des correspondants, France info

Malgré la crise sanitaire du Covid-19, l'économie mondiale montre des signes de reprises

Dans le Club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se fait ou se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui direction la Chine, l'Inde et l'Allemagne pour voir où en sont les prévisions de croissance dans ces pays.

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Le siège du FMI à Washington (États-Unis).
Le siège du FMI à Washington (États-Unis). (ZACH GIBSON / AFP)

L'économie mondiale va-t-elle se remettre de la crise du Covid-19 ? Apparemment oui. La Chine et l'Inde affichent déjà des résultats croissants, prémices d'une reprise à venir en Occident.  

La Chine affiche plus de 2% de croissance pour 2020

Premier pays à être rentré dans l'épidémie de Covid-19 il y a un an, la Chine a annoncé la semaine dernière un taux de croissance économique de 2,3 % pour l’année 2020. Elle est en effet aussi le premier pays à être sorti de la crise sanitaire.

Dès le printemps 2020, l’usine du monde s'est remise au travail, les migrants qui étaient restés bloqués dans les provinces durant le confinement, sont retournés travailler dans les pôles industriels, notamment les immenses usines et les multinationales basées dans le sud du pays.

La croissance de 2,3% du produit intérieur brut, bien que ce soit la plus faible après 40 ans de développement économique, a montré que la Chine a terminé son année sur une note positive malgré la pandémie. Dans ses prévisions pour la Chine, le FMI (Fonds monétaire international) a annoncé mercredi 27 janvier une croissance de 8,1 % pour 2021. Alors, la Chine s'en est sortie avec l’amélioration des conditions sanitaires, c'est sûr, mais aussi des mesures de stimulation déployées par le gouvernement. Les exportations ont été plus fortes que prévues, notamment avec la demande de matériel médical comme les masques à l'étranger, et la demande de matériel informatique comme les ordinateurs nécessaires au télétravail qui s'est mis en place partout dans le monde.

Les chiffres officiels en Chine, sont toujours à prendre avec des pincettes,  mais la tendance est malgré tout scrutée, car elle donne un indicateur de la reprise économique qui est espérée partout dans le monde.  

L'Inde s'attend à une croissance à deux chiffres en 2021    

L’économie indienne a été violemment touchée par cette crise économique, qui a fait perdre tout revenu aux centaines de millions de travailleurs informels. Mais cette nouvelle année se présente plutôt bien car les cas de Covid-19 sont aujourd’hui au plus bas dans le pays depuis le mois de juin : à peine 12 000 nouvelles infections par jour pour plus d’1,3 milliard d’habitants et il n’y a plus de confinement et très peu de restrictions au commerce depuis la fin septembre.  

Il y a des signes clairs de reprise : la production industrielle, ainsi que les ventes de voitures ont dépassé les niveaux d’il y a un an, ce qui montre un rattrapage, après des mois de paralysie économique. On s’attend à une reprise en forme de V : après une baisse du PIB de 8,5% environ lors l’année fiscale écoulée, l’économie indienne pourrait croître de près de 10% pendant l’année à venir, pour espérer retrouver en 2022 le niveau de richesse absolu d’avant la crise sanitaire.

Mais les travailleurs, eux, continuent à souffrir. Les embauches dans l’économie formelle reprennent progressivement et encore, très doucement. Une partie de la main d’oeuvre qualifiée se trouve dans les services délocalisés de l’informatique et dépendent donc de l’Occident encore partiellement confiné. La situation est plus grave dans le secteur informel : des dizaines de millions de petits commerçants ou employés peu qualifiés ont perdu le peu d’économies qu’ils avaient à cause du confinement, et quasiment aucune aide directe ne leur a été apportée. Pour eux, la reprise sera bien plus longue.    

En Allemagne, la barre risque d'être plus longue à redresser

Plus les mesures de restrictions se prolongent et plus la première économie européenne mettra du temps à se relever. Après une chute de 5% en 2020, l’Allemagne espère un rebond de sa croissance cette année. Sauf que le pays ne se sort pas de cette deuxième vague, inquiet du virus et de ses variants, le confinement est donc prolongé au moins jusqu’au 14 février (et tout le monde imagine bien au-delà), avec une obligation de télétravail au moins jusqu’à la mi-mars. Tous les économistes sont formels, plus longtemps l’économie allemande restera ainsi corsetée, moins le rebond sera important. Le FMI a par exemple abaissé mardi sa prévision pour l’Allemagne de 0,7% limitant la croissance cette année autour de 3,5%.

Résultat, c’est toute la zone euro qui en prend un coup car, quand l’Allemagne va moins bien, le reste de l’Europe aussi. Surtout dans cette période post-Brexit. Point positif, le plan de relance européen de 750 milliards d’euros. Les 27 ont compris dans cette crise qu’ils devaient se serrer les coudes. Et Berlin au passage, a brisé le tabou de la dette et, parce que nous sommes ici à huit mois des élections législatives, c’est même devenu ces jours-ci un thème de campagne. En résumé, l’Allemagne doit-elle plus longtemps s’écarter ou non de sa règle du frein à l’endettement pour permettre une meilleure relance ?  

L’autre point positif, c’est que la croissance chinoise semble tenir le coup. Et pour l’industrie allemande, notamment pour ses exportations, c’est un signal positif pour envisager le rebond de son économie et avec elle, de l’économie du continent européen.

Le siège du FMI à Washington (États-Unis).
Le siège du FMI à Washington (États-Unis). (ZACH GIBSON / AFP)