Journée mondiale des disparus : victimes de la guerre civile ou des cartels, des milliers de familles cherchent encore leurs proches au Liban comme au Mexique

Tous les jours, le club des correspondants décrit comment un même fait d'actualité s'illustre dans plusieurs pays.
Article rédigé par France Info - Sophie Guignon et Emmanuel Steels
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 6 min
Les affiches de personnes disparues ornent une place de Mexico, le jour de la fête des mère, le 9 mai 2021 (illustration). (ULISES RUIZ / AFP)

Ce mercredi 30 août est la Journée internationale des personnes disparues. Zoom sur le Liban et le Mexique. L’un cherche encore les disparus de la guerre civile, l’autre compte ses manquants au quotidien, victimes des cartels de la drogue.

Entre 1975 et 1990, le Liban a traversé une terrible guerre civile, un conflit intercommunautaire et régional qui a consacré le règne des milices de tous bords. Les enlèvements étaient fréquents aux check-point. Des activistes ont été kidnappés chez eux pour leur confession ou leurs obédiences politiques et de nombreux anonymes se sont retrouvés sans doute au mauvais endroit au mauvais moment. Bilan officieux : au moins 150 000 morts et plusieurs milliers de disparus. Pour mettre fin à cette guerre, l’accord de Taëf est finalement conclu en 1989. Les anciens chefs de milice font tomber le treillis, pour le costume de politicien. Et l’une des premières lois qu’ils font voter est une loi d’amnistie générale en 1991. Plus de 33 ans plus tard, ils n’ont toujours pas l’intention de rendre des comptes, malgré les demandes incessantes des familles et une loi de 2018 qui formule pour la première fois le droit à l’information.

Plus de 110 000 disparus au Mexique

Au Mexique, les disparitions forcées comme les découvertes de fosses sont en recrudescence depuis plusieurs années, liées à la guerre entre cartels de la drogue. Le seuil terrible des 100 000 disparus a été franchi l’an dernier. On dénombre aujourd’hui très exactement 111 095 manquants, d’après le registre tenu par le ministère de l’Intérieur, dont plus de 42 000 ont disparu sous le régime actuel. Sous l’impulsion des collectifs de familles de victimes, des commissions de recherche des disparus et des parquets spécialisés dans ce type d’enquêtes ont été mis en place dans tous les États du Mexique. Mais ces institutions sont dépassées par l’ampleur du phénomène. Les autorités reconnaissent qu’il y a plus de 50 000 corps non identifiés, la plupart extraits des fosses clandestines découvertes chaque semaine à travers le pays.

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