Covid-19 : l'Argentine rouvre grand ses frontières, le Japon sélectionne les voyageurs

écouter (6min)

Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui, en pleine recrudescence de l'épidémie de Covid, la tentative argentine de relancer son économie grâce au tourisme et la prudence du Japon qui n'autorise, pour le moment, que les étudiants et les voyageurs d'affaires à entrer sur son territoire.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Des touristes attablés à la terrasse d'un restaurant de la vallée d'Uco, en Argentine, dans la province de Mendoza prisée pour ses vignes, le 26 septembre 2021. (ANDRES LARROVERE / AFP)

Alors que la France durcit sa politique de contrôle aux frontières face à la recrudescence de l'épidémie de Covid-19, d'autres pays comme l'Argentine font tout pour attirer de nouveau les touristes. Au Japon, le retour des étrangers se fait au compte-goutte.

L'Argentine veut relancer son économie grâce au tourisme

Les voyageurs étrangers ont fait leur retour sur le sol argentin depuis le 1er novembre. Les autorités espèrent ainsi relancer une économie en berne. L'Argentine était déjà en récession avant le Covid et la crise sanitaire n'a, évidemment, rien arrangé. Selon les dernières statistiques, quatre argentins sur dix vivent sous le seuil de pauvreté, soit 19 millions de personnes. La réouverture des frontières laisse donc de l’espoir au secteur touristique qui représente 10% du PIB.

Tito travaille à Puerto Iguazu, à la frontière avec le Brésil et le Paraguay, à quelques kilomètres des célèbres chutes d’eau et leur million et demi de visiteurs annuels avant la pandémie : "Iguazu a été une des villes les plus touchées d’Argentine, de nombreuses familles ont souffert, des commerces ont fermé, des marchés, des restaurants, mais là avec la réouverture des frontières, ça va revenir à la normale et on est soulagés, heureux, on veut aller de l’avant."

Tito a vu les touristes revenir petit à petit. D’abord ceux des pays frontaliers, pour qui l’Argentine a rouvert ses portes le 1er octobre, et maintenant ceux du monde entier depuis le 1er novembre. La reprise est lente comme en témoignent les nombreux restaurants fermés. Même au Parc National des Chutes, on trouve peu d’étrangers. Chloé, une française fait partie des rares visiteurs : "Il y avait un peu de monde mais c'est vrai que j'avais l'impression que ce n'était pas plein..."

"Il n'y a pas beaucoup d'Européens à priori. Dans les restaurants qui fourmillent de monde habituellement, on a eu de la place."

Chloé, touriste française

à franceinfo


Pour attirer les touristes, notamment européens, l’Argentine compte sur l’inflation record qui touche le pays. Le peso argentin ne vaut plus grand chose, procurant mécaniquement un fort pouvoir d’achat aux visiteurs. La population, elle, peut souffler un peu, le gouvernement a gelé les prix de 1 400 produits de première nécessité jusqu’à la fin de l’année et espère que d’ici là, grâce au tourisme, l’économie argentine aura redémarré.

Entrer au Japon, un parcours du combattant

Au Japon, les frontières s'entrouvrent à peine. Les étrangers sont acceptés uniquement s'ils voyagent pour affaires ou pour étudier et s'ils répondent à des critères très précis. Pour le moment, hormis les résidents autorisés à revenir d’un séjour à l’extérieur, seules les personnes qui ont un organisme d’accueil au Japon, une entreprise, une école ou une université sont admises sur le territoire nippon avec un visa spécial. Il n’est délivré que sur dossier, après approbation des documents soumis par l’organisme d’accueil qui s’engage formellement à ce que les personnes qui entrent dans le pays respectent scrupuleusement les mesures sanitaires et les restrictions de déplacement qui leurs sont imposées. Une surveillance est appliquée. Pour les personnes en court voyage d’affaires, la quarantaine est ramenée à trois jours si elles sont pleinement vaccinées, mais elle reste de 10 ou 14 jours pour les étudiants

Selon les informations du gouvernement, près de 400 000 personnes espèrent actuellement pouvoir entrer au Japon. La plupart de ces candidats sont des étudiants qui attendent parfois depuis début 2020, soit plus de 250 000 jeunes. Or, comme le gouvernement plafonne le nombre d’entrées par jour, il faudra des mois pour qu’ils puissent tous venir, dans un ordre défini par le gouvernement. Certains ont déjà renoncé.

Le rétablissement de l’accueil de touristes étrangers au Japon n’est pas pour demain mais le gouvernement prévoit de définir vite un premier calendrier et de faire des expérimentations pour le tourisme de groupe dans un premier temps.

De plus, toutes les mesures d’assouplissement annoncées sont susceptibles d’être suspendues en cas de nouvelle vague épidémique. C'est ce qu'annonçait le porte-parole adjoint du gouvernement, Seiji Kihara, la semaine dernière : "S’agissant des mesures frontalières, nous allons continuer de suivre la situation des infections, notamment celles liées aux variants et réagir rapidement à une éventuelle aggravation tout en réfléchissant parallèlement à de nouveaux assouplissements."

Le Japon, qui n’a pas mis en place de pass sanitaire à l’échelle nationale, est aussi une destination touristique extrêmement prisée. Mais dans l’immédiat il n’y a pas de calendrier de réouverture des frontières pour les simples voyages de loisir. Des expérimentations seront d’abord menées avec des groupes peut-être d’ici à la fin de l’année dans le meilleur des cas. Pour les voyageurs individuels, il faudra vraisemblablement patienter au moins jusqu’au début de l'année 2022.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.