Bilan de l'année 2023 et perspectives de l'année 2024 en Chine et en Europe

Le club des correspondants s'intéresse aux faits qui ont marqué l'année 2023 et aux dossiers qui occuperont l'année 2024 à Pékin et Bruxelles.
Article rédigé par Sébastien Berriot, Pierre Benazet
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
Fin de l'année 2023, quelles perspectives pour 2024 ? Photo d'illustration. (ERHUI1979 / DIGITAL VISION VECTORS / GETTY IMAGES)

À la fin de l'année 2023, l'heure des bilans approche. Nous partons en Chine et en Europe pour savoir ce qui a caractérisé l'année qui se termine et savoir ce qui sera au centre des préoccupations en 2024. Alors que la Chine est dans une situation économique compliquée malgré la fin de la politique du zéro covid, l'avenir de l'Union européenne (l'UE), lui, est plus géopolitique et se joue autour de la question ukrainienne.

Chine : le chômage des jeunes prend de l'ampleur

Les Chinois sont enfin libérés de la politique zéro covid, même si le début 2023 est marqué par une flambée impressionnante des cas après la levée définitive des restrictions sanitaires. La Chine revit, les gares et les aéroports se remplissent à nouveau lors des grandes fêtes nationales, mais le covid a laissé des traces. L’économie chinoise a du mal à se relever. Le manque de confiance des Chinois empêche de relancer la consommation intérieure, le principal moteur de la croissance.

Un phénomène nouveau commence aussi à prendre de l’ampleur : le chômage des jeunes. Les diplômés qui sortent des universités chinoises ont de plus en plus de mal à trouver un emploi. Il y a aussi les finances publiques qui vacillent. Les provinces et les municipalités qui ont supporté la charge du zéro covid sont lourdement endettées. Fait assez inhabituel, les plus hauts dirigeants du parti communiste ont reconnu il y a quelques jours que la Chine rencontrait encore des difficultés pour relancer son économie. Et le sujet est ultrasensible. Des utilisateurs du réseau social Weibo, l’équivalent de X en Chine ont reçu des messages qui les mettaient en garde contre la publication de points de vue pessimistes sur l’économie chinoise.

L’année 2024 commencera par une élection qui devrait déterminer l’avenir des relations entre la Chine et Taïwan. Le 13 janvier il y aura l'élection présidentielle à Taïwan et le résultat est très attendu. En fonction du nouveau président qui sera élu à Taipei, les tensions dans le détroit de Taïwan pourraient prendre une nouvelle tournure. Les deux partis d’opposition considérés comme plutôt favorable à un rapprochement avec la Chine ont finalement raté leur union. Ils partiront divisés, ce qui donne une sérieuse chance de victoire au DPP, le parti de la présidente sortante qui défend le principe d’une nation taïwanaise face à la Chine. Un résultat qui pourrait donc relancer les tensions avec Pékin.

UE : une réforme pour accueillir de nouveaux pays ?

Après une année marquée dans l’Union européenne par des sujets très divers, de l’Ukraine au glyphosate en passant par les suites du Qatargate, la directive sur les services numériques ou l’accord avec la Tunisie, les institutions européennes sont prêtes à tourner la page. Les élections européennes se dérouleront du 6 au 9 juin 2024 et les institutions européennes vont se renouveler : le Parlement, puis la Commision et la présidence du Conseil européen.

En 2023, le plus gros succès géopolitique de l’Union européenne, l’aide à l’Ukraine, a été éclipsé par l’incapacité de l’Union de parvenir à une action forte et effective au Proche-Orient. L’Ukraine c’était la revanche des Européens sur leurs divisions mortifères à l’éclatement de la guerre en Yougoslavie et désormais ce soutien politique est fissuré. La faute revient au Premier ministre hongrois Viktor Orbán qui joue au cheval de Troie de Vladimir Poutine mais les Européens vont devoir rebâtir leur unité à 27 s’ils veulent se présenter aux électeurs avec un bilan honorable pour l’UE.

C’est en Ukraine ou autour de la question ukrainienne que se joue l’avenir de l’Union européenne cette année. On a d’abord un donnant-donnant qui revient sur la table entre élargissement et réforme intérieure. C’est un vieux serpent de mer de l’UE : doit-on élargir l’Union ou l’approfondir d’abord ? On a eu l’adhésion de dix nouveaux pays en 2004 mais les Français et les Néerlandais ont rejeté le traité constitutionnel européen en 2005.

En 2024, ça ne s’appelle plus l’approfondissement mais la réforme. Les 27 ont l’intention d’en parler à tous les sommets : comment réformer l’UE de l’intérieur afin d’être prêts à accueillir de nouveaux pays avec en vue l’Ukraine mais aussi la Moldavie. Et puis il faudra se mettre d’accord sur le budget commun, non seulement pour l’aide à l’Ukraine mais aussi pour financer le pacte asile et migration. La perspective des chaises musicales au sommet des institutions fin juin est encore très lointaine.

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