Le club des correspondants, France info

Aux États-Unis, en Israël et en Malaisie, porte-t-on toujours le masque ?

Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui, direction les États-Unis, Israël et la Malaisie, pour voir, si comme en France, on a tombé le masque dans les rues.

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Des Malaisiens portant le masque dans le centre-ville de Kuala Lumpur.
Des Malaisiens portant le masque dans le centre-ville de Kuala Lumpur. (EYEPRESS NEWS / AFP)

La situation sanitaire s'améliore en France. Le gouvernement a ainsi décidé d'accélérer le calendrier. Depuis jeudi 17 juin, le masque n'est plus obligatoire en extérieur. Qu'en est-il dans d'autres pays du monde ? 

Aux États-Unis, la situation varie d'un état à l'autre

Le CDC (Centers for Disease Control and Prevention), le centre de contrôle des maladies, émet des recommandations au plan fédéral. Ensuite, les états font un peu ce qu'ils veulent.
Par exemple, même au plus fort de la pandémie, onze états américains, principalement dans le Midwest, n'ont jamais contraint leurs populations à porter des masques. Aujourd'hui, alors que la situation sanitaire s'améliore, 25 états ont levé toute obligation. Quatorze autres, auquel s'ajoute le district de Colombia, recommandent de porter le masque, mais principalement en intérieur. À l'extérieur, il n'y a quasiment plus aucune obligation. Plus aucune contrainte non plus pour ceux qui sont entièrement vaccinés. Et cela concerne beaucoup de monde ici : 45 % de la population américaine, bientôt 160 millions de personnes, seront "fully vaccinated".

Le port du masque reste néanmoins un objet de tensions parce que les commerces, les entreprises, les aéroports continuent d'avoir leurs propres règles.
En début de semaine, dans l'état de Géorgie, le client d'un supermarché, à qui un employé demandait de porter un masque, a pris un pistolet et a ouvert le feu. Une personne est morte et un policier a été blessé après cette dispute.
Autre exemple, il y a quelques jours, le reporter de franceinfo était en Caroline du Nord, en famille, avec des masques et dans la rue. Lui et ses proches se sont fait réprimander par deux dames qui leur ont dit que c'était honteux, qu'elles ne vivaient pas dans une dictature. Elles sont reparties en chantant la chanson de Lee Greenwood "Proud to Be an American", qui a beaucoup été entendue ces dernières années, notamment dans les meetings de Donald Trump.

En Israël, les restrictions sont très allégées car une grande partie de la population est vaccinée

Plus de masques à l’intérieur depuis le début de la semaine. A quelques exceptions près, notamment dans les établissements hospitaliers et dans les Ehpad. À l'extérieur, les masques sont tombés déjà le 18 avril dernier. Pour les Israéliens c’est donc le retour à la vie d’avant. Tout est ouvert : les restaurants, les cinémas, les théâtres. Le fameux passeport vert tant décrié, qui permettait aux seuls vaccinés de participer à certaines activités, a été remisé. Il y a encore certaines restrictions mais elles visent principalement les voyages à l’étranger. Plusieurs pays étrangers sont tout simplement interdits pour les Israéliens. C’est le cas notamment du Brésil, de l’Inde, de l’Afrique du Sud et de la Turquie. Dans d’autres cas, une quarantaine est toujours imposée pour les personnes non vaccinées et les tests de dépistages liés aux voyages sont désormais payants.

Les autorités sanitaires restent tout de même inquiètes, notamment pour les Palestiniens.
C'est le cri d’alarme des spécialistes. Sans vaccination massive de la population palestinienne le Covid-19 ne pourra être éradiqué. Israël devrait remettre à l’autorité palestinienne plus d’un million de doses dans les prochains jours. On remarque aussi une très forte augmentation des infections pulmonaires non liées au coronavirus, notamment chez les enfants. Les médecins sont unanimes: c’est une conséquence du non port du masque.

En Malaisie, on porte deux masques plutôt qu'un 

Ce n’est pas obligatoire mais c’est fortement recommandé depuis fin mai. Le très populaire directeur général de la santé publie alors des infographies sur ses réseaux sociaux qui exploitent des données du centre de contrôle et de prévention des maladies américain (CDC). On y apprend qu’un masque chirurgical seul ne protège qu’à 56 %, que ce chiffre passe à 77 % si l’on croise les élastiques de celui-ci, et que la protection optimale n’est possible que si l’on superpose deux masques, on atteint alors 85 %. Deux types de masques différents sont alors à privilégier, un chirurgical en-dessous, un en tissu au-dessus.   
Depuis ce message est répété, notamment via des textos reçus par les Malaisiens sur leurs téléphones portables ou des notifications sur l’application anti-covid obligatoire. 

Ce message passe plutôt bien auprès de la population. D’après diverses franchises de pharmacies interrogées par la presse nationale, suite à cette recommandation, les ventes de masque auraient doublé pour certaines enseignes, quadruplé pour d’autres, qui se sont alors retrouvées momentanément en rupture de stock. 

Et si les Malaisiens redoublent de précaution, c’est notamment car le pays a fait face ces dernières semaines à des nombres de cas quotidiens et de morts records depuis le début de la pandémie. Le pays avait enregistré 2 000 morts au total mi-mai, un chiffre qui a doublé. En cause pour les autorités, les variants très contagieux, notamment le delta, désormais présent sur l’ensemble du territoire. Ajoutez à cela, la certitude désormais que le virus se propage également par voie aérienne, et vous avez un pays qui ne bronche pas quand on lui recommande de porter deux masques plutôt qu’un. 
 

Des Malaisiens portant le masque dans le centre-ville de Kuala Lumpur.
Des Malaisiens portant le masque dans le centre-ville de Kuala Lumpur. (EYEPRESS NEWS / AFP)