Union européenne : quand l'Allemagne conforte les ambitions d'Emmanuel Macron

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L’accord de coalition en Allemagne réjouit l’équipe d’Emmanuel Macron, notamment sur son volet Europe.

Article rédigé par
Neïla Latrous - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
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Les sociaux-démocrates allemands, les Verts et les libéraux ont conclu mercredi un accord pour gouverner. Ci-contre, le chef de file du Parti social-démocrate (SPD), Olaf Scholz (au centre), entouré des leaders des Verts, Annalena Baerbock et Robert Habeck (à droite), et du chef du FDP, Christian Lindner (à gauche), le 24 novembre 2021. (KAY NIETFELD / DPA)

La document ne pouvait pas mieux tomber, à un mois de la présidence française de l’Union européenne. Le pavé - 178 pages - définit les objectifs communs de la coalition tripartite allemande. Au milieu, quelques lignes ont fait sauter de joie l’entourage d’Emmanuel Macron : "Nous soutenons, écrit la coalition, la modification nécessaire des traités. La conférence pour l’avenir de l’Europe devrait déboucher sur une convention constituante et conduire à l’évolution de l’Union européenne vers un État fédéral."

La "conférence pour l’avenir de l’Europe", c'est ce grand débat lancé le 9 mai dernier, à l’échelle de toute l’Europe. L’objectif c’est que des citoyens tirés au sort - 746 en France par exemple - définissent les priorités que l’UE doit se fixer pour les années à venir. L’Allemagne veut donc transformer cette conférence en convention constituante. Une décision applaudie des deux mains côté français, parce que cela peut "déboucher sur le débat constitutionnel dont les institutions européennes ont besoin", analyse Stéphane Séjourné dans le journal L’Opinion. Stéphane Séjourné est quelqu’un d’important dans le dispositif Macron. C’est son ancien conseiller politique, l’un de ses plus anciens conseillers d’ailleurs, président du groupe Renew - le groupe macroniste au Parlement européen. Il fait partie de ceux qui en coulisses préparent la présidence française de l’Union.

Faire bouger les traités européens

Alors attention : la France n’appelle pas à un débat constitutionnel façon 2005, avec référendum à la clé. "Si vous dites réforme constitutionnelle, vous réveillez un trauma et plein de mauvais souvenirs", met en garde un conseiller du groupe Renew. Mais le même voit dans la position "maximaliste" de l’Allemagne une fenêtre pour a minima faire bouger des traités.

Par exemple pour trancher la question de la primauté des juridictions - nationales ou communautaires -, ce qui est au cœur du bras de fer avec la Pologne en ce moment même. Mais aussi pour élargir les compétences de l’Europe, et y inclure pleinement la santé. Ce que réclame la convention pour l’avenir de l’Europe, qui a remis son rapport au gouvernement ce lundi. Ou pour amender le pacte de stabilité, qui fixe à 3% du PIB la limite du déficit public autorisé par pays.

Il y a deux ans, dans The Economist, Emmanuel Macron jugeait que la règle des 3% était "un débat d’un autre siècle". L’accord de coalition allemand évoque une "évolution des règles budgétaires". Là aussi, autour du président on applaudit des deux mains.

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