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Terrorisme : Gérald Darmanin veut que les expulsables soient…expulsés

Après Emmanuel Macron qui a annoncé jeudi le doublement des effectifs mobilisés pour le contrôle aux frontières, le ministre de l'Intérieur est en première ligne sur le front de la lutte antiterroriste avec une tournée à l'étranger qui débute ce vendredi.

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Gerald Darmanin, le 27 octobre 2020, à l\'Assemblée nationale. 
Gerald Darmanin, le 27 octobre 2020, à l'Assemblée nationale.  (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Trois jours, quatre pays : Italie, Tunisie, Malte et Algérie. Alors que l'auteur présumé de l'attentat contre la basilique de Nice est un Tunisien qui a transité, justement, par Malte et l'Italie, ce déplacement du ministre de l'Intérieur a pour but de renforcer la coopération avec ces pays, mais aussi et surtout obtenir des pays du Maghreb qu'ils acceptent de reprendre sur leur sol des clandestins radicalisés.

Il peut s'agir d'individus fichés actuellement en prison en France ou dans des centres de rétention. Deux jours après l'assassinat de Samuel Paty, Gérald Darmanin avait annoncé leur expulsion. Ils sont 231 dont 150 venus du Maghreb, mais aussi de Russie, notamment de Tchétchénie. Et depuis presque trois semaines, 26 seulement ont été expulsés.  

Des engagements qui ont du mal à se concrétiser  

La France est confrontée à une triple difficulté selon une source gouvernementale. Il y a d'abord la réticence des pays d'origine à reprendre leurs ressortissants. Les négociations sont difficiles et au cas par cas. Avec souvent le même argument : "Ça fait longtemps qu'il est chez vous, c'est en France qu'il s'est radicalisé, pas chez nous !"

Deuxième difficulté : l'impossibilité de procéder à des expulsions vers certains pays en guerre, notamment la Syrie ou la Libye. Enfin, le contexte sanitaire ne facilite pas les choses. Des espaces aériens sont fermés, les vols sont limités et des tests PCR sont exigés par les autorités locales.

L'exercice est donc compliqué pour Gérald Darmanin qui a dans sa poche une arme diplomatique : "Attention aux conséquences si vous ne reprenez pas vos ressortissants, comme d'éventuelles restrictions de visas".

Gerald Darmanin, le 27 octobre 2020, à l\'Assemblée nationale. 
Gerald Darmanin, le 27 octobre 2020, à l'Assemblée nationale.  (VINCENT ISORE / MAXPPP)