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Séparatisme : Emmanuel Macron, maître des horloges

Une semaine après la présentation du texte en Conseil des ministres, le Parlement commence ce jeudi 17 décembre l'examen du projet de loi confortant les principes républicains. Emmanuel Macron veut aller vite, très vite.

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Le président Emmanuel Macron dans la cour de l\'Elysée, le 16 décembre.
Le président Emmanuel Macron dans la cour de l'Elysée, le 16 décembre. (THOMAS COEX / AFP)

La commission spéciale chargée de préparer les débats à venir dans l’hémicycle a été installée ce mercredi. Aussitôt installée, aussitôt au travail, puisque les premières auditions sont prévues ce jeudi 17 décembre : celle du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin à 10h, suivi à midi par son collègue de l’Education, Jean-Michel Blanquer.

L’Intérieur et l’Education, cela permet d'être tout de suite dans l’interministériel”, explique-t-on du côté d’En Marche. Et de marquer l’équilibre recherché entre le régalien et ce qui relève de l’égalité des chances. Après ces auditions,le rapporteur de la commission, le député Florent Boudié, espère pouvoir entendre la semaine prochaine les représentants des cultes, ainsi que le ministre de la Justice Eric Dupont-Moretti, sans doute en visioconférence.

Procédure accélérée et temps programmé

D’autres auditions vont être fixées avant même la reprise officielle du Parlement mi-janvier. Là, la majorité est aidée par l’épidémie : il n’y aura pas les traditionnelles cérémonies de vœux de la rentrée. Et la volonté de ne pas faire traîner les débats se retrouve jusque dans les dispositifs constitutionnels activés.

D'abord, le gouvernement fait appel au temps législatif programmé, qui permet de fixer à l’avance la durée des débats, pour pas qu’ils s’éternisent. Chaque groupe parlementaire aura un temps de parole maximal.

Deuxième dispositif : la procédure accélérée, qui permet de supprimer une navette parlementaire. Cela veut dire le texte ne sera débattu et voté qu’une seule fois à l’Assemblée, et une seule fois au Sénat. Ce qui permet, là aussi, de gagner du temps.

Risque de "jospinisation"

Si le gouvernement veut aller si vite, c'est essentiellement pour des raisons politiques. Et en premier lieu le fait que les lieutenants d’Emmanuel Macron parient que la présidentielle se jouera surtout sur la laïcité, l’identité, la guerre des valeurs.

Autant nul ne peut dire 'j’aurais mieux sur la crise sanitaire', autant sur le régalien il y a du monde sur la ligne”, analyse un ministre. La crainte, c’est la "jospinisation", terme utilisé par le président lui-même en début d’année en référence à l'ancien Premier ministre Lionel Jospin. Emmanuel Macron a passé une consigne à ses troupes : "donner le sentiment que le pays est tenu." Ce projet de loi y répond en partie. La loi doit être adoptée avant l’été pour servir ensuite d’argument pendant la campagne.

Pour autant, pas question d’offrir une tribune aux oppositions sur ces sujets. Or, le Parti Socialiste compte relever les manques en matière d’égalité des chance. La France Insoumise veut déposer 700 à 1000 amendements. La droite va proposer un contre-projet législatif, là encore beaucoup d’amendements, notamment sur la question migratoire. Aller vite, c’est une façon de leur couper l’herbe sous le pied.

Le président Emmanuel Macron dans la cour de l\'Elysée, le 16 décembre.
Le président Emmanuel Macron dans la cour de l'Elysée, le 16 décembre. (THOMAS COEX / AFP)