Législatives 2022 : rien ne va plus entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe

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Brimades, coups bas, incompréhension… Les tensions sont fortes entre le président et son ancien Premier ministre. Le brief de campagne de Jean-Rémi Baudot.

Article rédigé par
Jean-Rémi Baudot - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
L'ancien Premier ministre Edouard Philippe et le président Emmanuel Macron, le 14 avril 2022 au Havre. (LUDOVIC MARIN / POOL)

"Le seul qui nous embête, c’est Édouard Philippe, mais lui, on va s’en occuper". Étant donné l’heure matinale de cette chronique, c'est la version édulcorée d’une citation publiée mercredi 27 avril dans le magazine l’Obs. La phrase originale était beaucoup plus fleurie, voire franchement plus violente. Et ces petites phases dans la presse, elles passent de plus en plus mal dans l’entourage d’Édouard Philippe.

"Depuis des semaines, pas une journée sans une vacherie", déplore l’un de ses proches. Ça coince entre les entourages du président et de son ancien Premier ministre. Les amis d’Édouard Philippe affirment ne pas comprendre d’où vient toute cette violence. Mais au sein de la Macronie, ils sont nombreux à avoir tout de même une petite idée. Édouard Philippe affirme qu’il a toujours été loyal à Emmanuel Macron mais au sommet de l’État, certains listent ses fautes supposées.

"Le péché originel, c’est d’avoir fondé son parti Horizons."

Un conseiller du président

à franceinfo

"Pendant la campagne, il a entretenu l’idée que Marine Le Pen pouvait gagner", pointe un autre. "Quand Macron est venu au Havre, il a joué au con", observe un troisième. Conséquences : les relations sont glaciales. "Édouard Philippe, c’est Macron qui l’a fait", persifle un macroniste.

L’ancien Premier ministre est gardé à distance. Il n’a pas été convié à un déjeuner de travail sur les législatives cette semaine à l’Élysée. En coulisses, la République en Marche assume même d'aller braconner pour trouver des candidats aux législatives à droite sans passer par Horizons. "C’est une erreur de vouloir se passer de nous", menace un élu proche d’Édouard Philippe. 

L'Élysée inquiet du risque frondeur

Alors y a-t-il un avenir pour Édouard Philippe dans une éventuelle majorité ? C’est la grande inconnue. L’eurodéputé Gilles Boyer affirme qu’ils sont "prêts à discuter pour un candidat unique de la majorité présidentielle dans chaque circonscription". Ce serait la logique, Emmanuel Macron ayant besoin d’une majorité la plus large possible. Mais en réalité, il ne semble pas disposé à faire grandir Horizons. "Si Édouard veut exister, il fera entendre sa petite musique sur chaque texte", prédit un membre de l’exécutif et le risque de frondeurs inquiète l’Élysée.

"Macron a vu ça avec Hollande, il a détesté cette impuissance."

Un fidèle du président

à franceinfo

Au sein de la Macronie, les tractations s’annoncent donc compliquées en vue des législatives et à droite dont est issue Édouard Philippe, on observe tout ça en buvant du petit lait. Mercredi, un vieux briscard, bien installé dans un large fauteuil au siège des LR, me confiait, en se frottant les mains : "Macron considère Philippe comme un collaborateur. Ça n’est que le début des tensions".

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