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Présidentielle 2022 : à gauche, le signal viendra (peut-être) d'Allemagne

La gauche a les yeux rivés sur une élection qui a lieu dans quinze jours, en Allemagne. Celle pour désigner celui ou celle qui succèdera à Angela Merkel. Et il y a une raison à cela.

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Angela Merkel au Bundestag, le 7 septembre 2021.
Angela Merkel au Bundestag, le 7 septembre 2021. (JOHN MACDOUGALL / AFP)

C’est courant en ce moment, à gauche, de se référer aux élections fédérales en Allemagne pour appuyer une argumentation. Exemple avec Eric Piolle, candidat à la primaire écologiste pour la présidentielle 2022. Interrogé lundi 6 septembre sur LCI sur son manque de notoriété, le maire de Grenoble a spontanément cité l’exemple d’Annalena Baerbock, la candidate verte allemande, pour convaincre que ce n’est pas un handicap pour prétendre aux plus hauts postes.

Mardi, devant les parlementaires socialistes, Anne Hidalgo a elle évoqué Olaf Scholtz, le candidat social-démocrate, qui s’est offert cet été une remontée spectaculaire dans les sondages. Et qui est désormais le favori pour succéder à Merkel. Pour Anne Hidalgo, c'est une façon de dire que le jeu reste ouvert aussi pour 2022. L’entourage de la maire de Paris parle beaucoup d’Allemagne, depuis quelques jours, avec cet autre argument : “L’Allemagne montre que la social-démocratie n’est pas morte.”

Dans chaque équipe, on reconnaît bien volontiers que ces comparaisons ont leurs limites tant les systèmes électoraux diffèrent de part et d'autre de la frontière. Mais dans cette ambiance de rentrée où chacun a du mal à parier sur la façon dont va se dérouler la campagne en France, ce qui se passe outre-Rhin permet de se rassurer.

A chacun sa lecture de la campagne allemande

"Chacun y voit ce qu’il veut y voir", admet un ministre français. En Macronie, ce qu’on y voit, c’est qu’Olaf Scholtz, le favori, était surtout le vice-chancelier d’Angela Merkel. Sa bonne fortune serait le signe que les électeurs veulent de la stabilité, non pas qu’ils votent social-démocrate. Lecture totalement inverse de celle du Parti socialiste.

Il y a aussi un peu de tactique chez Anne Hidalgo : citer l’exemple allemand, c’est dire aux Verts français, qu’elle espère rallier à elle : regardez, votre candidate est partie très haut en début de campagne. Elle s’est effondrée. Le rassemblement ne peut se faire qu’autour de moi. “C’est de bonne guerre”, admet un dirigeant des Verts français, qui considère que son camp a aussi “tendu le bâton pour se faire battre” en s’appuyant autant sur l’exemple germanique. “Mais je ne crois pas que les Français votent comme les Allemands”, met en garde le même.

Sans surprise, l'analyse de la gauche de la gauche fait elle aussi écho à la situation française. Dans ce bloc, on fait valoir qu’aucun parti ne pourra gouverner seul. “La vraie question, c’est celle de la coalition”, me dit un eurodéputé du groupe de gauche. Comment se constituera la majorité ? Avec les formations de gauche ? Via un accord gauche droite ? Ce n’est pas totalement exclu…

En tout cas, les deux figures en tête des sondages ont été reçues cette semaine par Emmanuel Macron. “Une tradition, tous les candidats qui le demandent sont reçus à l’Elysée”, fait savoir un proche du président. Pour bien insister sur le fait que la France n‘a pas de candidat préféré outre-Rhin. 

Angela Merkel au Bundestag, le 7 septembre 2021.
Angela Merkel au Bundestag, le 7 septembre 2021. (JOHN MACDOUGALL / AFP)