Pourquoi Ségolène Royal a raté la marche au Sénat

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Ségolène Royal échoue à se faire élire sénatrice des Français de l'étranger. Mais ne renonce pas à la politique.

Article rédigé par
Neïla Latrous - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Ségiolène Royal à Jarnac (Charente) le 8 janvier 2021 lors du 25e anniversaire du décès de François Mitterrand (OLIVIER CORSAN / MAXPPP)

Onze petites voix pour Ségolène Royal, sur 534 grands élus appelés hier à se prononcer. Ce n’est pas vraiment une surprise... Avant l’annonce des résultats, quelques-uns de ces grands élus - députés, sénateurs, conseillers consulaires - annonçait déjà le "ratage" à venir. "Elle n’a aucune chance", confiait même, catégorique, l’un de ces grands électeurs.

D'abord, l'élection des sénateurs des Français de l’étranger est très particulière. C’est une élection de réseaux. Le gros du corps électoral, les conseillers consulaires, sont des Français expatriés. "Une famille à part, décrit un député, il y a un peu le côté notable local pour qui il est difficile de choisir quelqu’un qui ne vient pas de ce même corps", quelqu'un qui ne vit pas à l’étranger.

Besoin de "sang neuf"

Cela explique en partie l’échec de Ségolène Royal. Le fait de ne pas être investie par le Parti socialiste a joué aussi. "Sans l’investiture, il lui était impossible de gagner", analyse un sénateur. À Ségolène Royal, le PS a préféré Yan Chantrel, ancien conseiller parlementaire, aujourd’hui installé au Canada. L’ex-candidate à la présidentielle a tenté sa chance en misant sur sa seule aura, et sur le soutien de figures de gauche, comme Christiane Taubira ou Anne Hidalgo. "Elle a appelé tout le monde, décrit un électeur. On a répondu parce que c’est Ségolène. Mais personne n’était dupe." D’où cette maigre récolte, 11 voix sur 534.

Il y a un dernier facteur qui explique ce revers : le renouvellement du cheptel de conseillers consulaires en mai dernier, qui s'est traduit pour de nombreux spécialistes par un fort besoin de sang neuf. Regret exprimé par un sénateur : "Que des élus de la stature de Ségolène Royal n’arrivent pas à le percevoir et se retirer à temps." "Il faut qu’elle passe à autre chose", lui conseille un autre élu. Sauf que Ségolène Royal ne compte pas tourner la page de la politique. Dans une vidéo postée sur son compte Twitter, l'ex-candidate à la présidentielle annonce transformer son think tank en parti politique, pour attirer ceux qui ne se reconnaissent pas dans l'offre actielle.

Six nouveaux élus

Quant aux gagnants de ces élections, ils sont au nombre de six. Le socialiste Yan Chantrel, donc, l’écologiste Mélanie Vogel, et la marcheuse Samantha Cazebonne feront leur entrée le 1er octobre au Sénat, quand le centriste Olivier Cadic et le républicain Christophe Frassa, réélus, retrouvent leurs sièges. Jean-Pierre Bansard est le sixième nom à compléter cette liste. Il n'est pas totalement inconnu au Sénat, puisqu'élu une première fois en 2017, il avait vu le scrutin annulé par le Conseil constitutionnel. "Il risque d’y avoir un nouveau recours", pronostique un familier du Palais du Luxembourg.

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