LR, EELV, PS, RN : les élections internes sont-elles trop longues ?

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Ce week-end, 90.000 adhérents Les Républicains doivent choisir le nouveau chef de leur parti. La fin d’une longue campagne interne, comme l’ont aussi connu récemment EELV ou le RN. Des campagnes trop longues selon certains cadres de ces partis… Le brief politique de Jean-Rémi Baudot. 

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L'entrée du siège du parti Les Républicains, à Paris, le 29 novembre 2016. (BERTRAND GUAY / AFP)

"Je suis crevé, cette campagne interne est trop longue" : ce cri du cœur, entre deux soupirs, c’est l’un des trois candidats à la présidence LR qui l’a partagé à franceinfo. Renseignement pris, cette fatigue est à peu près ressentie dans tous les camps. Il faut dire que la campagne pour la présidence des Républicains dure depuis des mois, avec pour chacun des candidats des dizaines de déplacements revendiqués : entre 70 et 80 pour Eric Ciotti, Bruno Retailleau ou Aurélien Pradié. Des heures et des heures à parler aux adhérents. Une séquence très longue, trop longue au goût de certains. 

>> Eric Ciotti, Aurélien Pradié, Bruno Retailleau : on vous présente les trois candidats à la présidence de LR

Faut-il revoir le format de ces élections internes ? La question se pose pour tous les partis qui ont des scrutins internes (LR, EELV, PS, RN...) Evidemment, ces élections sont le moyen de clarifier la ligne politique et l’incarnation des partis mais, comme l’explique un cadre écologiste, "ce sont des moments où des gens qui pensent globalement la même chose sont obligés de se contredire pour se démarquer"

Les campagnes internes sont faites pour mobiliser les militants les plus investis

La conséquence : des déclarations dans tous les sens et une difficulté à avoir un message unique. Et donc à être entendu dans l’opinion. Qui sait actuellement ce que pense la droite ? Faut-il écouter le parti ? Le groupe LR à l’Assemblée ? Les sénateurs ? Ciotti ? Retailleau ? Pradié ? Ca devient compliqué… "Le mieux, ca serait que ces élections se passent sous les radars", souhaite un membre du bureau politique d’un grand parti. Cela peut surprendre, mais rappelons qu’en théorie, ces élections internes ne visent pas tous les Français, mais uniquement les adhérents soit quelques milliers de personnes. Car les messages politiques de ces campagnes sont là pour mobiliser les militants les plus radicaux. A la fin, ca donne 5 600 votants pour les écologistes ou 25.000 pour l’élection de Jordan Bardella. Alors, combien pour les LR ? Ce sera la grande question du week-end.

Faut-il des campagnes internes plus courtes ? C’est l’idée qui séduit en coulisses dans les partis. Beaucoup citent d’ailleurs la campagne RN comme un modèle : elle fût courte et les divisions internes n’ont donc pas trop eu le temps de s’étaler au grand jour. Cette question peut paraitre anecdotique mais toutes ces réflexions vont irriguer les prochaines échéances. Il n’y a plus grand monde dans les partis pour souhaiter des primaires, encore moins des primaires ouvertes. Mais au moment où tout le monde se demande comment intéresser à nouveau les citoyens à la politique, il n’est pas absurde de se demander comment parler au plus grand nombre et pas seulement aux militants. 

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