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L'aile gauche de la majorité se structure en parti pour donner de la voix

Comment empêcher Emmanuel Macron de pencher trop à droite ? Jean-Yves Le Drian et ses amis ont un plan et ont fondé un parti, Territoires de Progrès.

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Florence Parly, Elisabeth Borne et Jean-Yves Le Drian àl\'Elysée, le 21 octobre 2020.
Florence Parly, Elisabeth Borne et Jean-Yves Le Drian àl'Elysée, le 21 octobre 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Ça y est, l’aile gauche de la majorité a son port d'attache : Territoires de Progrès. La semaine dernière, ce courant de la majorité a obtenu l'agrément de son association de financement, ce qui en fait officiellement un parti politique. Son congrès constitutif doit avoir lieu début 2021 pour élire des instances.

Territoires de Progrès, encore peu identifié médiatiquement, aligne déjà dans ses rangs des poids lourds de la majorité. Une dizaine de ministres en tout, dont celui des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, de la Santé Olivier Véran, du Travail Elisabeth Borne, Florence Parly, aux Armées… Agnès Pannier-Runacher, ministre de l'Industrie, rejoindra le club la semaine prochaine. 

Actuellement nous sommes attractifs”, s’amuse l'ancien député socialiste Gilles Savary, désormais délégué général de Territoires de Progrès, qui souligne qu'une cinquantaine de parlementaires s'implique aussi dans ce nouveau parti.

Une voix différente

Mardi, l'une de leurs propositions a fait grand bruit : remplacer l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), par une autorité indépendante de contrôle des forces de l'ordre, pour que les enquêtes sur les débordements policiers soient vraiment indépendantes. Proposition rendue publique juste après que le ministre de l’Intérieur a saisi, lui, l’IGPN pour faire la lumière sur les violences de lundi soir place de la République à Paris. 

Territoires de Progrès assume de porter une voix différente, car “le ni gauche ni droite d’Emmanuel Macron se transformait dangereusement en ni gauche ni gauche” d’après Gilles Savary, qui estime que c’est une erreur de tourner le dos à cette partie de l’électorat. Il l’a dit à Emmanuel Macron : pour 2022, rien n’est écrit d’avance. Aussi, Territoires de Progrès réclame sa place "autour de la table", dans cette "maison commune" qu'Emmanuel Macron souhaite construire dans la perspective de la présidentielle. 

"Compter nos troupes"

Comme dans toute colocation, l’un des enjeux c’est qui aura la plus belle chambre ? En Marche, qui regroupe le noyau de fidèles d'Emmanuel Macron ? Les centristes du Modem ? Agir, qui rassemble les transfuges de la droite ? Ou Territoires de Progrès, où se retrouvent les anciens du PS ? La répartition en politique se fait en fonction du poids électoral... et financier. "Nous avons fait le choix de ne pas créer de groupe parlementaire pour ne pas créer de crise, même si cela nous en coûte en matière de financement" confie Gilles Savary.

En revanche, Territoires de Progrès a lancé depuis une semaine des cotisations. “Nous voulons compter nos troupes”, explique un membre, qui parie sur de nouvelles défections au Parti Socialiste qui viendraient grossir leurs rangs. Et le même de prévenir : "Nous aurons des candidats aux régionales et départementales de l'an prochain, sur les listes de la majorité."

Florence Parly, Elisabeth Borne et Jean-Yves Le Drian àl\'Elysée, le 21 octobre 2020.
Florence Parly, Elisabeth Borne et Jean-Yves Le Drian àl'Elysée, le 21 octobre 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)