Travailleurs indépendants : un sur dix vit sous le seuil de pauvreté

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Un peu plus d'un travailleur indépendant sur dix gagne moins de la moitié du smic et vit sous le seuil de pauvreté, selon une enquête de l’Insee réalisée avant la pandémie de Covid-19.

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Radio France
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Un agriculteur travaille dans ses champs à Boulange (Moselle), en juillet 2020. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

L'étude porte sur 2018 et 2019 : l'Insee recensait alors plus de trois millions de travailleurs indépendants dans des activités très variées allant d'exploitants agricoles aux artisans, en passant par les livreurs, chauffeurs de VTC, etc. Concrètement : 12% des indépendants ont des revenus d'activité annuels inférieurs à 50% du smic (le salaire minimum) et un niveau de vie en-dessous du seuil de pauvreté, qui est à 1 102 euros. Même les prestations diverses qui viennent s'y ajouter ne permettent pas de sortir de cette précarité : le revenu de solidarité active (RSA), la prime d'activité, l'allocation adulte handicapé, etc.

Tous secteurs d'activité touchés

Certains métiers sont particulièrement concernés. Chez les artisans et commerçants, qui représentent chacun près d'un quart des indépendants, un tiers gagnent moins de la moitié du smic. Chez les agriculteurs, la proportion atteint 40%. Sont un peu moins exposées à la pauvreté, les professions libérales et dites "intermédiaires" de la santé et du travail social : 5% des indépendants de ces secteurs vivent quand même sous le seuil critique. Dans l'ensemble, les femmes et les jeunes sont encore plus pénalisés.

L'Insee précise que les faibles revenus d'activité ne conduisent pas nécessairement à une situation de pauvreté en tant que telle. Ces revenus s'ajoutent à ceux d'un conjoint et ont parfois un effet protecteur. Et puis une partie des dépenses de consommation courante des indépendants peut aussi être intégrée dans les comptes de leurs sociétés, les faisant ainsi sortir du budget familial. C'est le cas notamment des dépenses d'électricité ou de logement. Enfin, certains indépendants touchent en parallèle des allocations chômage ou des pensions de retraites. Si ce que l'on appelle le "taux de pauvreté monétaire" des indépendants doit être relativisé, il reste de toute façon plus élevé que les chez les salariés traditionnels.

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