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Le brief éco. UE et Japon, le pied de nez commercial à Trump

En pleine brouille commerciale avec les Etats-Unis, l’Union européenne et le Japon viennent de signer un vaste partenariat économique. Un accord historique.

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Shinzo Be, Premier ministre du Japon (à gauche) et Donald Tusk, président du Conseil européen (à droite) à une conférence de presse à Tokyo (Japon), le 17 juillet 2018.
Shinzo Be, Premier ministre du Japon (à gauche) et Donald Tusk, président du Conseil européen (à droite) à une conférence de presse à Tokyo (Japon), le 17 juillet 2018. (TETSU JOKO / YOMIURI)

En pleine brouille commerciale avec les Etats-Unis, l’Union européenne et le Japon viennent de signer un vaste partenariat économique. Les deux camps présentent cet accord comme un contrepoids à l’offensive du président américain Donald Trump. Un accord historique.

Cet accord est aussi et surtout un joli pied de nez de Bruxelles et de Tokyo à Donald Trump. Et ce, contre toute attente. Personne n’a vu venir cet accord négocié en un temps record qui, de fait, donne naissance à la plus grande zone mondiale de libre-échange. L’Union européenne et le Japon réunis représentent environ 600 millions de consommateurs contre 300 millions aux Etats-Unis. L'ensemble représente le tiers du PIB mondial (la richesse produite chaque année par les pays développés).
Cet accord est d’autant plus important qu’il intervient au moment où les Etats-Unis et la Chine s’embourbent dans une guerre commerciale qui peut nuire à l’ensemble des économies développées. L’alliance Bruxelles / Tokyo est un premier contre-feu majeur.

Ce que prévoit précisément cet accord commercial

Ce traité de libre-échange prévoit une baisse de 10% des droits de douane imposés par l’Europe aux importations de voitures japonaises, et de 3% pour la plupart des pièces détachées automobiles. En retour, le Japon va supprimer des taxes pouvant aller jusqu’à 40% sur le fromage européen et de 15% sur le vin. Très important : l’accès des entreprises européennes aux grands appels d’offres publics japonais va être facilité. Enfin, l’accord concerne les données informatiques. Un véritable trésor : l’open data, le transfert des données qui fait fonctionner l’économie globale. Tokyo accepte d’aligner sa législation sur le très protecteur RGPD (Règlement général de protection des données personnelles) qui vient d’entrer en vigueur en Europe. Concrètement, cela signifie que les données informatiques de nombreux secteurs pourront circuler entre l’espace économique européen et le Japon, sans autorisation préalable mais avec une sécurité maximale.

Porte ouverte à d’autres accords

On rejoint là très précisément ce qu’a proposé, il y a deux semaines, le Cercle des économistes dans sa déclaration finale des Rencontres Economiques d’Aix-en-Provence : que l’Europe prenne l’initiative d’une alliance multilatérale pour faire bloc face aux Etats-Unis, sans pour autant rompre le dialogue. Une alliance multilatérale qui serait dotée d’un statut clair et d’un budget propre. Nous en sommes encore loin, mais l’alliance scellée mardi entre l'Union européenne et le Japon prouve que l’on peut faire vite et bien pour tenir tête à Donald Trump.

Shinzo Be, Premier ministre du Japon (à gauche) et Donald Tusk, président du Conseil européen (à droite) à une conférence de presse à Tokyo (Japon), le 17 juillet 2018.
Shinzo Be, Premier ministre du Japon (à gauche) et Donald Tusk, président du Conseil européen (à droite) à une conférence de presse à Tokyo (Japon), le 17 juillet 2018. (TETSU JOKO / YOMIURI)