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Le brief éco. Uber : après la voiture et la trottinette, le vélo

Uber se lance dans le vélo-partage. Dara Khosrowshahi, le patron d'Uber explique que c'est pour pallier le phénomène de congestion urbaine.

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Le patron d\'Uber, Dara Khosrowshahi (à gauche), présente le vélo de sa compagnie, à Berlin (Allemagne), lors de la conférence NOAH,  le 6 juin 2018.
Le patron d'Uber, Dara Khosrowshahi (à gauche), présente le vélo de sa compagnie, à Berlin (Allemagne), lors de la conférence NOAH,  le 6 juin 2018. (SINA SCHULDT / DPA)

Après la trottinette électrique débarquée fin juin à Paris, Uber va se lancer dans le vélo-partage en Europe. C’est ce que confirme indirectement le patron du groupe américain de VTC dans une récente interview au Financial Times. Peut-on parler de changement stratégique?

Uber n’abandonne pas la voiture, nous vous l’annoncions d’ailleurs mardi 28 août : l’entreprise vient de passer un accord industriel avec Toyota. Le constructeur automobile japonais va investir 450 millions d’euros dans la société californienne pour développer avec elle la voiture autonome. Uber prend l’option du deux roues, lassé par les contraintes de plus en plus nombreuses autour de la voiture dans les grandes agglomérations.

Certaines villes lui ont déjà limité l’accès

New-York a plafonné le nombre de voitures Uber et Londres pourraient s’y mettre. A Berlin, la municipalité a carrément interdit ses véhicules qui contribuent à augmenter les bouchons. Le nouveau patron d’Uber le reconnaît dans l’interview au Financial Times : "Durant les heures de pointe, dit-il, il est très difficile pour un bloc de métal d’une tonne de transporter une personne dix blocs plus loin". Ces termes nous plongent dans la dimension américaine, mais le phénomène de congestion urbaine est une réalité dans toutes les grandes villes du monde aujourd’hui.

Evolution risquée sur le plan économique ?

C’est vrai que la location de deux roues, vélo ou trottinettes, rapporte beaucoup moins. Ce qui complique l’équation pour un groupe qui perd de l’argent (4,5 milliards de dollars l’année dernière). Mais le patron veut y croire, un peu comme s’il n’avait plus le choix. Une fuite en avant peut-être. Cette évolution stratégique passe par des rachats : en avril, Uber a mis la main sur la start-up de vélos en libre-service Jump Bikes. Il y a eu aussi, en juillet 2018, la montée en puissance, par investissement avec Google, dans les trottinettes électriques Lime, avant peut-être d’autres opérations.

Un avenir encore incertain

La direction du groupe pense que les voitures de tourisme avec chauffeur ont toujours de l’avenir, mais sur les plus longues distances. En dehors des villes. A voir. Ceux qui s’interrogent, ce sont les actionnaires d’Uber qui ont du mal à envisager comment l’entreprise va pouvoir regagner en rentabilité avec cette stratégie. Lancée sur les chapeaux de roue, la jeune pousse américaine croyait avoir une idée géniale mais elle n'a pas anticipé le désamour des grandes villes pour la voiture et commence à en payer le prix.

Le patron d\'Uber, Dara Khosrowshahi (à gauche), présente le vélo de sa compagnie, à Berlin (Allemagne), lors de la conférence NOAH,  le 6 juin 2018.
Le patron d'Uber, Dara Khosrowshahi (à gauche), présente le vélo de sa compagnie, à Berlin (Allemagne), lors de la conférence NOAH,  le 6 juin 2018. (SINA SCHULDT / DPA)