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Le brief éco. Pourquoi les frais de tenue de compte s’envolent ?

Les frais de tenue de compte augmentent et les exemples se multiplient. En cause, l'arrivée de banques en ligne et sur téléphones mobiles qui bouleverse le secteur traditionnel.

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franceinfoEmmanuel CugnyRadio France

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Banque en ligne \"Nickel\" chez les buralistes.
Banque en ligne "Nickel" chez les buralistes. (MAXPPP)

L'arrivée de banques sur internet et téléphones mobiles bouleverse le secteur traditionnel, déjà pas mal chahuté. Conséquence : les frais de tenue de compte augmentent. Et les exemples se multiplient.

La cible prioritaire sont les clients peu actifs. En effet, lorsqu'un client commence à faire moins de mouvements sur son compte, c’est souvent parce qu'il va voir ailleurs, attiré par la concurrence. Et notamment ces nouveaux venus sur internet que l'on appelle les "néo-banques" : Orange, la britannique Revolut, l’allemande N26, le compte Nickel que l’on ouvre chez son buraliste. Ces nouveaux acteurs jouent sur la régulation des tarifs en fonction des services, censée être plus attractive.

Les frais de gestion flambent en cas d'inactivité

Une compilation que vient de faire le quotidien Les Echos est éloquente : si, par exemple, vous êtes client de la Banque postale et que vous n’avez plus touché à votre compte depuis un an, vos frais de gestion de compte flambent de près de 70 % (25 euros par an, contre 15 en temps ordinaire). Beaucoup d’établissements appliquent même d’office aux plus mauvais clients le plafond de 30 euros par an que la loi n’autorise pas à dépasser.

Un nouvel opérateur arrive et c’est le modèle traditionnel qui a peur

Le paysage bancaire, aujourd’hui, ressemble un peu au jeu du chamboule tout. Depuis plusieurs mois, la banque de détail (le réseau commercial grand public) est le terrain d’une concurrence acharnée. Conséquence : en dépit d’une activité commerciale soutenue, les grandes banques enregistrent une baisse de leur chiffre d’affaires dans les activités aux particuliers. Ainsi, au troisième trimestre 2017 : -5 % pour la Société Générale, -3 % chez LCL, -1 % chez BNP-Paribas. S’ajoute à cela l’environnement des taux d’intérêt très bas qui complique la tâche des banques quand il s’agit de faire fructifier les dépôts de leurs clients. Taux bas, renégociation avec les clients, concurrence des néo-banques : c’est un peu la triple peine pour le secteur bancaire traditionnel qui, malgré tout, reste assis sur un confortable matelas.

Paradoxes de la concurrence

Les prix qui augmentent à cause de la concurrence ? C’est à n’y plus rien comprendre. On dit généralement que la concurrence fait plutôt baisser les prix. Dans le secteur bancaire, le paradoxe s’explique facilement : face à l’arrivée des jeunes concurrents, les banques traditionnelles investissent pour rester dans la course, quand elles ne sont pas obligées de supprimer des emplois dans les réseaux physique face à la poussée du numérique. Ce bouleversement secoue les banques établies qui ont là une carte à jouer, à condition de savoir se remettre en question.

Banque en ligne \"Nickel\" chez les buralistes.
Banque en ligne "Nickel" chez les buralistes. (MAXPPP)