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Le brief éco. Mondial 2022, le Qatar est déjà prêt. Mais à quel prix ?

Au Qatar, pays organisateur de la Coupe du Monde de football en 2022, les travaux ont été menés à marche forcée. Le Qatar dépense 425 millions d'euros par semaine pour avancer sur les infrastructures qui coûteront au total environ 100 milliards d’euros. 

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Le Khalifa International Stadium à Doha (Qatar).
Le Khalifa International Stadium à Doha (Qatar). (KARIM JAAFAR / AFP)

Après le Mondial 2018, l'édition 2022. Ce n'est que dans quatre ans. Les dernières années avant la Coupe du monde de football, le pays qui accueille la compétition se lance dans une course contre la montre pour que tout soit prêt à temps mais ce n'est pas le cas pour le Qatar.

Le petit émirat est en avance. Les travaux ont été menés à marche forcée, au prix social et humain que l'on sait. Le Qatar dépense 500 millions de dollars (425 millions d'euros) par semaine pour avancer sur les infrastructures qui coûteront au total environ 100 milliards d’euros.
Sur les huit stades qui doivent être construits ou rénovés, l'un d'eux (le Khalifa International Stadium situé dans la capitale Doha) est déjà prêt, à tel point qu'il accueillera les Championnats du monde d'athlétisme dès le mois d'octobre 2019. Côté transports : le premier métro qatari devrait ouvrir l'année prochaine. Il aura coûté 36 milliards de dollars (près de 31 milliards d'euros), sans parler des nouvelles routes, etc.

Une avance d'autant plus étonnante que le Qatar est isolé sur le plan diplomatique

Il y a un peu plus d'un an, l'Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et leurs alliés ont coupé toutes leurs relations diplomatiques avec Doha, accusée de soutien au terrorisme. Cela avait inquiété les instances internationales du football, mais la puissance pétrolière a démontré qu'elle avait des ressources. L'embargo mis en place début juin 2017 a interrompu l'approvisionnement de matériaux mais le Qatar a contourné la difficulté en important ce qu'il fallait de Chine et de Malaisie. Pas de problème non plus pour l'accueil des équipes sportives. Alors que la FIFA impose 60.000 chambres d'hôtel, le Qatar affiche une capacité d'un million et demi de places. En cas de problème, l'Iran a promis de prêter main forte en recevant certaines délégations sur l'île de Kish, située juste en face de l'émirat dans le Golfe.

Cette avance ne cache pas les nombreuses polémiques

Attribution des chantiers, accusations de corruption de hautes instances du football international : le choix de l'émirat continue de susciter bien des interrogations. Evidemment, aucun bilan officiel n'a été communiqué sur le plan humain, mais la Confédération internationale des syndicats alerte depuis plusieurs années sur les risques encourus par les milliers d'ouvriers venus du sous-continent indien. Même si le pays est largement en avance sur le calendrier, rien ne dit que la prochaine Coupe du monde de football se déroulera dans quatre ans de manière aussi sereine que les précédentes.

Le Khalifa International Stadium à Doha (Qatar).
Le Khalifa International Stadium à Doha (Qatar). (KARIM JAAFAR / AFP)