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Le brief éco. Malgré les "gilets jaunes", la France continue de rembourser sa dette à taux d’intérêts négatifs

Malgré le contexte social très tendu avec le mouvement des "gilets jaunes", la France continue de rembourser sa dette à taux d’intérêt négatifs.

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Les différents cours de la Bourse visualisés par un opérateur sur des écrans, à Paris.
Les différents cours de la Bourse visualisés par un opérateur sur des écrans, à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

La France continue de rembourser sa dette à taux d’intérêt négatifs malgré le contexte social très tendu avec le mouvement des "gilets jaunes". Le Fonds monétaire international a beau craindre pour l’économie française, aussi étrange que cela puisse paraître, les investisseurs acceptent de perdre un peu d’argent pour prêter à la France. Qui n’a jamais rêvé, un jour, d’emprunter de l’argent auprès de la banque sans devoir payer d’intérêts ? C’est donc possible pour l’État. Comment cela fonctionne ? Pour rembourser sa dette, l’Etat va chercher de l’argent sur les marchés financiers. Par exemple, lundi, Paris a emprunté près de cinq milliards d’euros à court terme (trois mois) à un taux de -0,56%. Pour 800 millions à un an, le taux atteint -0,55%. La France rembourse ainsi sa dette à taux négatifs depuis août 2014. Ceux qui achètent notre dette sont généralement des fonds de pension étrangers. Des retraités américains ou japonais, visiblement pas impressionnés par le mouvement des "gilets jaunes".  

Solidité de la signature France

Pourquoi les investisseurs sont prêts à perdre de l’argent en prêtant à l’Etat français à de si bonnes conditions ? Il y a d’abord la solidité de la "signature" France. Je suis investisseur, je cherche un placement sûr, j’achète de la dette française car j’ai la garantie d’être remboursé dans les temps. Les opérateurs ont confiance, ils saluent les réformes initiées par Emmanuel Macron. C’est aussi le résultat de la politique menée par la Banque centrale européenne. Pour soutenir l’économie, la BCE rachète aux banques des dettes dues par les pays de l'Union européenne et leur donne de l’argent frais en échange. De l’argent censé être réinjecté dans le crédit, pour soutenir l’économie et la croissance. Les investisseurs préfèrent perdre un peu d’argent en misant sur des pays en qui ils ont confiance, plutôt que de redonner cet argent à la BCE qui, de toute façon, va les faire payer pour utiliser ses coffres.  

Les particuliers en profitent indirectement  

L’Etat profite de ce régime privilégié car il passe par le marché obligataire. Un Etat émet des obligations (des titres de dettes, ce qui est l’équivalent des actions pour les entreprises en bourse). Les obligations émises par l’Etat sont achetés par des investisseurs. Le particulier, lui, ne peut pas émettre d’obligations. S’il veut emprunter, il est obligé de passer par sa banque. Ce sont donc avant tout les finances publiques qui profitent des taux négatifs. Par ricochet, les particuliers profitent de cette situation qui permet de maintenir des taux d’intérêts pour le crédit assez bas comme c’est le cas en ce moment, dans l’immobilier par exemple. La question est de savoir quand les taux d’intérêts vont remonter. Pour l’heure, il n’y a pas d’avis de tempête à l’horizon mais les taux commencent à remonter aux Etats-Unis. Pour l’instant, la Banque centrale européenne fait rempart de ce côté-ci de l'Atlantique. Croisons les doigts.

Les différents cours de la Bourse visualisés par un opérateur sur des écrans, à Paris.
Les différents cours de la Bourse visualisés par un opérateur sur des écrans, à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)