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Le brief éco. La pression des actionnaires s'accentue sur la direction de Danone

Un nouveau fonds actionnaire critique la gestion actuelle du géant agroalimentaire français. Objectif : changer rapidement de gouvernance.

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Le PDG de Danone, Emmanuel Faber, en 2018.
Le PDG de Danone, Emmanuel Faber, en 2018. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Le mois dernier, le fonds activiste britannique BlueBell, présent au capital de Danone, avait déjà le PDG Emmanuel Faber dans le collimateur en réclamant une séparation du poste de président de celui de directeur général. L'idée étant de séparer les pouvoirs pour garantir une meilleure gestion. Un autre fonds, américain cette fois, entre dans la danse. Artisan Capital se revendique parmi les trois plus gros actionnaires de Danone avec 1,6 milliards d’euros investis dans l’entreprise.

Plus d’agilité et de rentabilité

Le principal reproche fait à la direction de Danone est une trop une faible rentabilité par rapport à ses concurrents comme Nestlé ou Unilever. Ces derniers mois, avec la pandémie de Covid-19, le groupe a souffert d’une baisse d'activité, notamment le segment eau en bouteille qui représente le quart de son chiffre d’affaires. La fermeture des bars et restaurants, l’arrêt des transports aériens ont fait plonger la consommation. La bourse a sanctionné les mauvais résultats et en 2020, l’action Danone a perdu près de 30%.

Emmanuel Faber a voulu inscrire l’entreprise dans le temps long avec une stratégie de plus en plus attentive aux ressources limitées de la planète (emballages, soja, vegan…), et en négociant un tournant social et sociétal avec l’adoption du statut d’entreprise à mission, une première mondiale pour un groupe coté en bourse. Mais l’image a été écornée par l’annonce de 2 000 suppressions de postes de cadres dans le monde pour justement rendre l’organisation plus agile et redresser la rentabilité du groupe. Cela aurait dû plaire aux marchés. En vain.

La direction de Danone au pied du mur

On peut s’interroger sur les motivations des fonds actionnaires. D’abord sur le calendrier : l’agacement se cristallise autour d’Emmanuel Faber, une semaine avant la présentation des résultats 2020 qui impose le silence complet au patron et à ses équipes. Et puis, il y a la composition très diluée du capital : plus de 60% flotte à la bourse, ce qui fait de Danone une entreprise "opéable" (qui peut être rachetée).

Danone est clairement une pépite de l’industrie française qui intéresse. La crise que nous traversons n’empêche pas les prédateurs de tourner autour de leurs proies et d’attaquer le moment venu. Si tel était la perspective, seule une nette amélioration de la rentabilité du groupe permettrait de calmer le jeu. Mais cela ne se fait pas du jour au lendemain. Emmanuel Faber va devoir faire de lourdes concessions sur sa stratégie, et le partage des pouvoirs.

Le PDG de Danone, Emmanuel Faber, en 2018.
Le PDG de Danone, Emmanuel Faber, en 2018. (PATRICK KOVARIK / AFP)