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Le brief éco. La mobilité bancaire est en panne

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Un client sur quatre est prêt à changer de banque dans le courant de cette année, révèle une étude du cabinet de conseil américain Bain & Company.

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Radio France
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Seulement un client sur quatre est prêt à changer de banque dans le courant de cette année. (MICHEL GANGNE / AFP)

Mise en place il y a un an, la procédure simplifiée pour permettre aux particuliers de changer gratuitement de banque ne décolle pas : la révolution qu’annonçaient certains n’a pas eu lieu, sauf en faveur des banques alternatives.

Un client sur quatre prêt à changer de banque

Depuis février 2017, le dispositif prévu par la loi Macron offre la possibilité aux clients de changer d’établissement bancaire via une procédure simplifiée, automatisée et gratuite. Avant la loi, les clients devaient s’occuper des démarches et la banque facturait les transferts de comptes. Maintenant, c’est aux banquiers de le faire et sans frais supplémentaires. Le particulier peut toutefois continuer faire lui-même les démarches. Mais visiblement, la nouveauté a fait un flop. Selon une étude du cabinet de conseil américain Bain & Company qui a sondé 15 000 titulaires d’un compte bancaire en France : seulement un client sur quatre est prêt à changer de banque dans le courant de cette année. Un petit 25%, pas encore vraiment enthousiaste.

Défiance à l’égard des banques

Ce qu’il faut voir, en fond de décor, c’est une sorte de défiance à l’égard du système bancaire en général. Les banques ont mauvaise presse, ce n'est pas une révélation, et leur image ne risque pas de s'améliorer avec les tarifs des services bancaires qui augmentent. Selon les banques elles-mêmes : la perte de clients par le réseau traditionnel a légèrement augmenté l’année dernière (la base clientèle a fondu de 4,5%).

De nouveaux opérateurs plus séduisants

Les clients se dirigent de plus en plus vers les banques en ligne. Les demandes de mobilité bancaire se font vers les offres numériques qui se multiplient : Orange-Bank, l’allemande N26, ING, Boursorama, Hello Bank, etc. Ces opérateurs sont moins gourmands en frais et en commissions que les établissements traditionnels qui, du coup, sont de plus en plus sous pression. C’est l’expression parfaite de l’ouverture du marché, la libéralisation, la libre concurrence.
D’ailleurs, les termes mêmes de "mobilité bancaire" introduits dans la loi Macron sont très parlants : quoi de plus "mobiles", par définition, que les opérateurs téléphoniques comme banquiers de demain ? Sans parler des Google, Amazon, Facebook et Apple, ou autres start-ups plus agiles que les grosses structures, qui séduisent de plus en plus la clientèle par leurs propres produits financiers ou services de paiement. Finalement, le véritable impact de la loi Macron n’est pas tant une question de chiffres que d'une poussée de la concurrence au sein même du secteur bancaire. En somme, faire bouger les lignes entre professionnels au service du consommateur. Le pari est en train d’être gagné.

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