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Le brief éco. Industrie : la France investit mais reste moins productive que d’autres pays européens

L'industrie française investit mais n’arrive pas à garder la tête hors de l’eau. Les investissements restent moins productifs qu’ailleurs.

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Chaîne de fabrication de moteurs automobiles en France à Douvrin (Nord).
Chaîne de fabrication de moteurs automobiles en France à Douvrin (Nord). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

L’actualité de l’aciérie Ascoval dans le Nord, menacée de fermeture et dont les salariés restent mobilisés, pose la question de la santé de l’industrie française. Une industrie qui investit mais n’arrive pas à garder la tête hors de l’eau.

C’est un paradoxe. Quand on se met à la place des 280 salariés d’Ascoval et des sous-traitants de l’entreprise près de Valenciennes, on comprend leur désarroi, leur déception, l’incompréhension. Malheureusement, Ascoval n’est qu’un exemple. Inutile de remonter au milieu des années 2000 quand certains patrons prédisaient une industrie sans usine. Tournons la page et regardons ce qu’il en est aujourd’hui.
France Stratégie vient de publier une étude documentée sur la question. Elle montre que les entreprises françaises investissent depuis une dizaine d’années plus d’argent que celles des autres pays européens. Mais ces investissements restent moins productifs qu’ailleurs.

Moins productifs, donc moins efficaces

France Stratégie souligne le poids important de l’investissement immatériel (logiciels, recherche et développement) et moindre dans les machines et équipements de production. Investissement plus faible dans l’équipement lourd, cela signifie que les entreprises françaises conçoivent en France mais fabriquent essentiellement à l’étranger. A cela s’ajoute la baisse des carnets de commande et des stocks de produits finis supérieurs à la normale. L'indicateur du climat des affaires dans l'industrie manufacturière est au plus bas depuis la fin 2016.

La France n’est pas le seul pays touché

La situation industrielle qui se dégrade ne concerne pas uniquement la France. L’Allemagne qui a un solide tissu industriel est également touchée. Il y a un ralentissement général dû à la hausse des prix du pétrole mais pas uniquement. Les risques protectionnistes jouent beaucoup. Aux Etats-Unis mais aussi dans les pays où les récentes élections portent au pouvoir des partis radicaux dont les programmes économiques laissent à désirer. Tous ces facteurs montrent que l'industrie reste le cœur du moteur économique des pays. Mais quand ce moteur tousse, ce sont les autres secteurs qui s'enrhument, dont les services, qui sont très demandeurs d'emplois.
L'industrie emploie aujourd'hui en France 2 800 000 personnes (11% de la population active) et participe pour 10% de la production de richesse annuelle (10% de PIB). En Allemagne ce taux est de 20%. Même l'Italie est au-dessus de la France avec une industrie manufacturière qui représente aujourd'hui près de 15% de la richesse produite par le pays.

Chaîne de fabrication de moteurs automobiles en France à Douvrin (Nord).
Chaîne de fabrication de moteurs automobiles en France à Douvrin (Nord). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)