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Le brief éco. Grève des pilotes de Ryanair en Allemagne, le patron menace de représailles

Les 400 pilotes demandent de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Mais le patron ne l’entend pas de cette oreille.

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Michael O\'Leary, le PDG de Ryanair, le 2 août 2017.
Michael O'Leary, le PDG de Ryanair, le 2 août 2017. (NIKLAS HALLE'N / AFP)

Plus d’un tiers des vols de la compagnie à bas coûts Ryanair à destination ou au départ de l’Allemagne seront annulés mercredi 12 septembre. Les 400 pilotes demandent de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Mais le patron ne l’entend pas de cette oreille. Empêtré dans les conflits sociaux depuis des mois, le patron de Ryanair, Michael O’Leary, menace de représailles sur l’emploi en Allemagne si les débrayages ne cessent pas. Imaginons le nouveau patron d’Air-France-KLM, Benjamin Smith, annoncer qu’il va licencier parce que les grèves mettent en danger la compétitivité de l’entreprise ? Non, bien sûr. D’abord nous sommes en France, le nouveau patron de la compagnie nommé cet été a, dit-on, la fibre sociale. Il pourrait plutôt annoncer des hausses de salaires que des coups de fouet aux acteurs des grèves qui ont coûté à Air France 300 millions d’euros sur l’année selon la direction.

Entre esbroufe et menace bien réels

Son alter ego de Ryanair, lui, ne passe pas par quatre chemins : suppressions ou délocalisations d’emplois, les mots sont lâchés. "Ryanair a aujourd’hui 20 marchés qui ont besoin de plus d’avions", dit O’Leary. En clair : les avions et les personnels peuvent très bien aller s’installer ailleurs si les grèves persistent en Allemagne.   Le patron de Ryanair utilise la flexibilité de son activité pour mettre la pression sur ses salariés, espérant qu’ils vont abandonner le combat. A voir. Le fait est que le groupe a récemment trouvé un accord avec les pilotes en Irlande après la menace d’un redéploiement des troupes en Pologne.

Ryanair loin d’être tirée d’affaire

Le mouvement de grève de ce mercredi en Allemagne est un avant-goût de la grande grève européenne qui doit être normalement décidée jeudi par les syndicats. Ces débrayages  viendraient s’ajouter à un été noir. Ryanair a connu cet été ses pires grèves depuis 33 ans (55 000 voyageurs touchés entre le Portugal, l’Espagne, l’Italie et la Belgique notamment). Sur le fond, ce mouvement semble mettre en cause la viabilité du modèle économique : prix bas et coûts serrés mais cadences effrénées et pressions en tous genres. Plus loin que les pilotes, les salariés de l’entreprise demandent un salaire minimum, des contrats locaux et non strictement irlandais. Pas sûr que la décision du patron de s’assoir sur son bonus annuel proche du million d’euros ne calme les personnels chauffés à blanc.

Michael O\'Leary, le PDG de Ryanair, le 2 août 2017.
Michael O'Leary, le PDG de Ryanair, le 2 août 2017. (NIKLAS HALLE'N / AFP)