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Le brief éco. General Motors, le moteur américain en panne

General Motors est paralysé par une grève depuis quatre semaines. C’est le conflit social le plus important pour le constructeur automobile américain depuis 2007, et la situation est loin de s’arranger.

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Manifestation devant General Motors à Detroit (Michigan), le 25 septembre 2019.
Manifestation devant General Motors à Detroit (Michigan), le 25 septembre 2019. (BILL PUGLIANO / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Donald Trump et son modèle d'"Amérique d’abord" n'ont pas vu venir le conflit qui pourrait être gênant pour le président américain en pleine campagne pour l’élection présidentielle. Certains élus républicains sont déjà tétanisés. General Motors est paralysé par une grève depuis quatre semaines, son conflit social le plus important depuis 2007. 50 000 salariés sont en grève depuis le 16 septembre et le dirigeant du grand syndicat maison le dit clairement : "Les négociations avec la direction sont en train de mal tourner".

Quelles sont les revendications ?

En plus de hausses de salaires et de meilleurs avantages sociaux, le puissant syndicat United Auto Workers réclame l’amélioration de la situation des salariés embauchés après le sauvetage historique de General Motors, en 2009. L’administration Obama avait alors sauvé l'entreprise de la faillite. La centrale syndicale voudrait également que le constructeur réactive quatre usines mises à l’arrêt l’année dernière. Pour l’instant, la direction fait le dos rond.

Lourd impact économique

Quatre semaines de grève, 50 000 employés qui ne sont plus sur les chaînes de production... l'impact économique est évident pour le groupe et le secteur automobile en général outre-Atlantique. La production de General Motors est tout simplement à l’arrêt aux États-Unis, ce qui affecte les usines dans les pays voisins comme le Canada où les salariés sont mis au chômage technique. Idem au Mexique dont les sites de production ne sont plus approvisionnés en pièces détachées. 6 000 salariés mexicains sont sur la touche.

Personne ne connaît le calendrier et l’issue de ce conflit mais c’est un nouveau coup très dur pour General Motors, qui a quitté l’Europe il y a deux ans. Un retrait déjà très coûteux en termes de bénéfices. La patronne, Mary Barra, grande adversaire de Donald Trump, annonçait l’année dernière vouloir réaliser jusqu’à six milliards de dollars d’économies d'ici à 2020. Cela n’a pas fini de tanguer chez General Motors, qui reste un des premiers employeurs aux États-Unis.

Manifestation devant General Motors à Detroit (Michigan), le 25 septembre 2019.
Manifestation devant General Motors à Detroit (Michigan), le 25 septembre 2019. (BILL PUGLIANO / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)