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Le brief éco. G7 : l’ombre du Brexit

Le Brexit va animer le sommet du G7 dès samedi. Boris Johnson souffle le chaud et le froid. Le Premier ministre britannique répète que son pays quittera l’Union européenne le 31 octobre, avec ou sans accord. Il répète que l’économie britannique est solide. Est-ce que c'est vrai ?

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Un manifestant anti-brexit à Londres (Grande Bretagne), le 16 août 2019.
Un manifestant anti-brexit à Londres (Grande Bretagne), le 16 août 2019. (ALBERTO PEZZALI / NURPHOTO)

L’économie britannique affiche de bons résultats : le chômage est au plus bas (3,9%), les salaires en forte hausse, l’inflation reste contenue. L’économie britannique résiste bien. Mais pour combien de temps ? Au deuxième trimestre, le produit intérieur brut a reculé (– 0,2%), ce qui n’était pas arrivé depuis 2012. En Europe, le ralentissement est général. Mais au Royaume-Uni, il y a bien un effet du Brexit. Les entreprises sont déstabilisées, en particulier dans le secteur automobile. Le patronat britannique est vent debout. Il veut un accord. Il veut savoir aussi où va la livre sterling, très chahutée ces dernières semaines.

À court terme, les prévisions sont inquiétantes d'après les prévisions secrètes du gouvernement britannique, révélées par la presse il y a quelques jours. S’il n’y a pas d’accord, l’équipe de Boris Johnson s’attend à des pénuries : certains produits alimentaires, l’essence, les médicaments pourraient manquer. Autrement dit, une désorganisation générale. Mais le sujet majeur reste l’Irlande. Plus de vingt ans après la fin du conflit irlandais, une frontière entre l’Irlande du Nord (au Royaume-Uni) et la République d’Irlande (membre de l’Union européenne) est-elle envisageable ? La question n’est pas seulement économique et commerciale. Elle est politique, et même historique. De ce côté-là, rien n’est réglé.

Les partenaires de Londres veulent surtout de la clarté

L’économie mondiale est fragile. La croissance ralentit. Les prochains mois sont très incertains. Pas besoin d’en rajouter avec un Brexit chaotique. Ensuite, chacun voit midi à sa porte. Cette semaine, Boris Johnson a vu Angela Merkel puis Emmanuel Macron. Face à Boris Johnson, l’Allemagne paraît plus conciliante que la France. L’Allemagne exporte beaucoup. Elle n’est pas loin de la récession. Elle veut trouver une solution avec le Royaume-Uni. La France, également. Mais elle apparaît plus ferme : le Royaume-Uni est notre voisin immédiat, de l’autre côté de la Manche. Dans le port de Calais, dans quelques semaines, le Brexit va être très concret.

Et puis il y a Donald Trump ! Peut-être le plus grand défenseur du Brexit… Il n’y voit que des avantages. Il pense à la suite. Il promet à Londres un "fantastique" accord commercial quand le pays aura quitté l’Union européenne. Il y voit l’intérêt des Etats-Unis. Le reste l’intéresse peu. Vous imaginez les conversations au sommet du G7 ce week-end…

Un manifestant anti-brexit à Londres (Grande Bretagne), le 16 août 2019.
Un manifestant anti-brexit à Londres (Grande Bretagne), le 16 août 2019. (ALBERTO PEZZALI / NURPHOTO)