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Le brief éco. En Catalogne, l’économie est en berne

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La crise politique et institutionnelle en Catalognea eu un impact sur l'économie. Le secteur touristique n'est pas le seul à marquer le pas.

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Radio France
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Des panneaux électoraux dans une rue de Barcelone(Espagne), le 20 décembre 2017. (ALEXANDROS MICHAILIDIS)

La crise politique et institutionnelle, qui secoue la Catalogne depuis le référendum sur l'indépendance il y a trois mois, a perdu un peu en intensité. Mais les conséquences économiques continuent de se faire sentir.

L’économie de la Catalogne est une des plus dynamiques d’Espagne. Elle assure 20% du PIB national (la richesse produite par l’ensemble de la péninsule). C’est une région très touristique et industrielle dans l’agroalimentaire et la chimie notamment. L’économie catalane a clairement marqué le pas après le référendum d’octobre et c’est le secteur du tourisme qui en a rapidement souffert. Les arrivées de visiteurs étrangers ont chuté de 5% dès octobre. Le chiffre d’affaires des professionnels a chuté de 10% et c’est du même ordre pour les réservations hôtelières sur le premier trimestre 2018. Ces séjours avaient continué à progresser même après les attentats jihadistes qui avaient fait 16 morts au mois d’août. 

Un impact au delà de la Catalogne

La croissance et l'emploi sont en berne. La crise a freiné la consommation des ménages. Les ventes de voitures ont particulièrement baissé dans la région. Pour l’ensemble de l’Espagne, le gouvernement central a revu à la baisse ses prévisions de croissances pour 2018 à 2,3% contre 2,6% initialement. 

Quant à l’emploi, le nombre de chômeurs a augmenté en Catalogne alors qu’il baissait dans la région de Madrid, et selon une école de commerce qui a interrogé les patrons catalans, un quart d’entre eux annoncent qu’ils embaucheront moins que prévu en 2018. Sans parler des investissements gelés.

Le procesus électoral, source d'incertitudes

Plus de 3 000 sociétés ont déjà transféré leur direction à Madrid. Pour l’instant ce ne sont que les sièges sociaux, pas l’outil de production. Si le mouvement s’est un peu calmé, les craintes demeurent chez les PME et certaines grandes entreprises (Gas Natural Fenosa ; l’autoroutier Albertis – maison mère de la Sanef en France). Les banques s'interrogent sur les conséquences éventuelles d'une rupture des relations avec la Banque centrale européenne. Enfin, on chiffre à six milliards d’euros le montant des retraits effectués par les clients inquiets.

Cette tendance est-elle pérenne ? Tout dépend des résultats des élections du jeudi 21 décembre, mais le suspens risque de durer puisque, d’après les derniers sondages, ni les indépendantistes, ni les unionistes ne devraient obtenir de majorité absolue. Certains évoquent déjà la nécessaire tenue de nouvelles élections au printemps. Cela créée de l’incertitude, ce que détestent les décideurs économiques. Qui dit attentisme, dit poursuite de la stagnation, voire du ralentissement de l'activité.

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