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Le brief éco. Airbus allège ses cadences de production

Dans les trois ans, Airbus va réduire de 3 700 postes les effectifs qui travaillent sur les programmes des avions A380 et A400M.

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Tom Enders, le PDG d\'Airbus, lors d\'une conférence de presse en février 2017.
Tom Enders, le PDG d'Airbus, lors d'une conférence de presse en février 2017. (PASCAL PAVANI / AFP)

Airbus adapte en permanence ses effectifs au gré des réussites et des échecs commerciaux. Quand cela va bien, il y a du monde sur les chaînes de production ; quand cela va moins bien, voire plus mal, on réduit la voilure. L’avionneur européen est obligé de réduire ses cadences de production car les ventes n’atteignent pas les objectifs. Une dizaine de sites de production sont concernés en Europe : Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et France. La France étant la plus épargnée, aux dires d’un représentant de Force Ouvrière. 470 emplois devraient être touchés avec un maximum de reclassements internes par redéploiements (1 900 en Allemagne, 850 en Espagne).

Réduction d’effectifs depuis 2014

Les postes sont en réduction constante depuis 2014. Le groupe employait alors près de 139 000 personnes contre 129 000 fin 2017. Les ventes ne sont pas à la hauteur des attentes. Pourtant, en ce qui concerne le super gros porteur A380, il y a quelques semaines, le programme était présenté comme sauvé par la dernière commande de la compagnie du Golfe Emirates. Quarante appareils assurant du travail à Airbus pour les dix prochaines années. Mais après ? L’A380 est déjà virtuellement enterré car imaginé trop gros lors de sa conception dans les années 2000. 500 passagers embarqués – un gros village flottant – dans sa version commerciale minimale. Jusqu’à 800 sièges dans sa version optimale, mais alors difficilement rentable si l’avion ne décolle pas en pleine capacité, sans parler du fret qu’il ne peut pas embarquer lorsqu’il fait le plein de passagers. Le fret est pourtant une grosse source de rentabilité pour les compagnies.

L’avion militaire A400M manque lui aussi de clients

À ce jour, l’avion de transport de troupes est commandé à 174 exemplaires pour 57 déjà livrés. La production a accumulé retards et surcoûts : entre 8 et 9 milliards d’euros de plus depuis son lancement en 2003 sur un budget initial de 20 milliards. Problèmes de moteurs et d’aérodynamisme : l’A400M est équipé de quatre moteurs de 11 600 chevaux, trop puissants pour les missions assignées à l’appareil, dont le largage de troupes.  Les parachutistes largués par les portes latérales se percutent à la sortie de l’A400M, entrainés par les turbulences des hélices. Ce sont toutes ces erreurs qu’Airbus solde aujourd’hui par une réduction de cadence de production et réductions d’effectifs.  Heureusement, d’autres programmes sont dans les tuyaux : l’A320neo écolo (plus léger, donc moins consommateur de carburant), et l'A350, biréacteur plus petit, censé justement remplacer l'A380 dans le cœur des compagnies clientes.

Tom Enders, le PDG d\'Airbus, lors d\'une conférence de presse en février 2017.
Tom Enders, le PDG d'Airbus, lors d'une conférence de presse en février 2017. (PASCAL PAVANI / AFP)