Covid-19 : le Royaume-Uni va augmenter les prélèvements sociaux

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En annonçant une hausse des taxes pour faire face à la pandémie, le Premier ministre britannique Boris Johnson revient sur ses promesses de campagne.

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Radio France
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Le Premier ministre britannique Boris Johnson à Londres (Royaume-Uni), le 14 juillet 2021. (MATT DUNHAM / AP)

En renonçant à son engagement de ne pas relever les taxes, le chef du gouvernement fait une sérieuse entorse aux principes chers au parti conservateur de feu Margaret Thatcher. Boris Johnson estime qu’il n’a pas le choix face à la pandémie, il faut réinjecter de l’argent dans le service public et gratuit de la santé. Le National health service, béni par les Britanniques, n’était déjà pas très en forme avant la pandémie. Le coronavirus est en train de lui porter le coup de grâce et le fait d'emprunter sur les marchés financiers serait "irresponsable" dit le ministre des Finances après la récente envolée de la dette du Royaume.

Récupérer 42 milliards d'euros

Devant les députés britanniques, le Premier ministre Johnson a annoncé mardi 7 septembre une hausse d’1,25% de l'assurance nationale à partir d’avril 2022. Cette hausse des cotisations sociales, touchant à la fois les salariés et les employeurs, devrait permettre de lever 36 milliards de livres (42 milliards d’euros) sur trois ans, de quoi redresser une situation peu glorieuse. Au Royaume-Uni, plus de cinq millions de personnes sont actuellement sur liste d’attente pour des soins non urgents, et si rien n’est fait le gouvernement estime que ce nombre pourrait atteindre treize millions d’ici la fin de l’année.

Le Premier ministre britannique suspend aussi l’augmentation des retraites publiques d’environ 8% l’année prochaine, la limitant à 2,5%, brisant là encore l’engagement pris dans le cadre des élections législatives de 2019. Le gouvernement compte également augmenter les taxes sur les dividendes versés par les entreprises à leurs actionnaires. Au-delà du besoin urgent de redresser le système de santé, les mesures fiscales annoncées visent aussi à financer la prise en charge des maisons de retraite pour les personnes qui ont un faible patrimoine. Tout cela fait du Royaume-Uni le premier pays en Europe à utiliser le biais fiscal pour lutter contre les effets de la pandémie.

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