Météo : comment l'étude des archives permet de mieux comprendre le phénomène des tempêtes

Des chercheurs britanniques ont lancé un appel à travers le monde afin de compiler des données anciennes. Une démarche indispensable pour la compréhension de notre ciel.
Article rédigé par Boris Hallier
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Un prévisionniste de Météo-France Provence-Alpes-Côte-d'Azur devant ses écrans d'ordinateurs. (PHILIPPE PAUPERT / RADIO FRANCE)

On a tous déjà entendu ce type de phrases : "Ce mois-ci a été l'un des plus chauds depuis le début des relevés météo" ou "Cette sécheresse a été l'une des plus longues depuis le début des relevés". Mais de quoi parle-t-on vraiment lorsqu'on évoque le "début des relevés" ?

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En France, cela correspond aux années 1950, moment où un vrai réseau de station météo a été déployé. C'est donc très récent, mais il existe quand même des observations bien plus anciennes qui dorment dans les archives partout dans le monde et qui peuvent être exploitées par les scientifiques. 

Le défi relevé par des chercheurs britanniques a été de compiler ces relevés de températures, de pression atmosphérique, la vitesse de vent que leurs ancêtres scientifiques ont noté à la main dans des cahiers hors d'âge, quand les scientifiques d'aujourd'hui saisissent ces millions de données dans les instruments d'aujourd'hui, tels que des ordinateurs ou des logiciels qui permettent de modéliser et d'analyser finement les événements météo du passé.

120 ans après

Cette démarche de recherche de travaux manuscrits peut paraître fastidieuse, mais ces chercheurs font aussi appel à des volontaires pour numériser les archives météo. Ça a été le cas pendant le confinement : plus de 16 000 britanniques ont ainsi fouillé les archives de relevés de précipitation dont les plus anciens remontaient au XVIIe siècle.

Pour les chercheurs, cela permet d'analyser des événements météo qui, jusqu'à maintenant, n'ont pas pu être étudié. Exemple avec la tempête Ulysse qui a balayé l'Angleterre en 1903 : les scientifiques viennent de rendre publique leur étude, 120 ans après. Celle-ci confirme que ce déluge – ce cyclone même – a été l'un des plus importants dans la région, avec des vents à plus de 160km/h. Les chercheurs ont pu établir des cartes pour reconstituer l'évolution de la tempête.

Mais au-delà des anecdotes, l'objectif est surtout de mieux expliquer, mieux analyser l'évolution du climat sur une période plus longue pour mieux anticiper les événements extrêmes.

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