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La pollution de l'air, un facteur aggravant du Covid-19

De nombreux épidémiologistes font le lien entre les épisodes de pollution de l'air de l'an dernier et l'augmentation des cas graves de Covid-19.

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Un jour de pic de pollution à Paris, en juillet 2020 (illustration).
Un jour de pic de pollution à Paris, en juillet 2020 (illustration). (ALAIN JOCARD / AFP)

Pic de pollution de l’air en Île-de-France, en Champagne-Ardenne et autour de Rouen mardi 9 mars. Or, sortir avec un air pollué n’est vraiment pas recommandé en période de pandémie de Covid-19. Surtout si l’on sort sans masque. Les météorologistes nous ont déjà dit que le virus survivait plus longtemps dans l'air quand l'humidité est entre 60 et 80% et la température entre 2° et 6°. Si, en plus, il n'y a pas de vent et qu'il est chargé de polluants, on lui facilite la tâche. Certains médecins, comme Thomas Bourdel dans la revue European Respiratory, pensent même que les particules de pollution lui servent de moyens de transport pour qu’il se diffuse plus loin.

À partir des données récoltées l’an dernier, sur l'épidémie et la qualité de l'air, beaucoup d'études ont constaté qu'aux États-Unis, en Chine, en Italie, en Espagne, les cas de Covid-19 augmentaient juste après de gros épisodes de pollution. C'est ce qu'a repéré par exemple une équipe de l’université de Genève dans le Tessin suisse. En février 2020, la pollution aux particules fines a couvert d’une légère brume les plaines du canton juste au moment du carnaval, où 150 000 visiteurs ont défilé dans les rues. Peu de temps après, les admissions à l’hôpital dans cette région suisse ont explosé. Les épidémiologistes sont nombreux à faire cette corrélation entre pollution et Covid-19, mais sans comprendre précisément la causalité.

Une causalité encore en discussion

Les spécialistes ne sont pas encore totalement sûrs du rôle des polluants. Est-ce que les petites particules de suie, qui viennent de nos pots d’échappement, ou des grains de sable du Sahara, comme c’est arrivé récemment, servent de véhicules aux particules de virus pour les transportent dans l’air extérieur jusqu'à nos poumons ? Ou est-ce que le virus fait beaucoup plus de cas graves dans ces zones régulièrement polluées parce qu’il tombe sur des proies faciles ? On sait, aujourd’hui, que la pollution chronique de l’air fragilise les organismes : elle réduit les défenses immunitaires, provoque plus vite une inflammation des voies respiratoires. Mais les exemples de touristes tombés malades aux îles Canaries en février 2020 juste après une tempête de sable venu du Sahara mettent aussi le doute sur cette hypothèse.

Dans le doute, rappelons qu’un masque, c’est pénible, mais même à l’extérieur en période de pollution, ça peut vraiment être utile.

Un jour de pic de pollution à Paris, en juillet 2020 (illustration).
Un jour de pic de pollution à Paris, en juillet 2020 (illustration). (ALAIN JOCARD / AFP)