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Covid-19 : l’institut Pasteur confirme que le variant sud-africain résiste mieux aux anticorps que le variant britannique

Les chercheurs français ont analysé la résistance de personnes déjà infectées par le Covid et de sujets vaccinés.

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Un tube à essai dans un laboratoire de biologie cellulaire. Photo d\'illustration.
Un tube à essai dans un laboratoire de biologie cellulaire. Photo d'illustration. (RAEL MARTINEZ / EFE)

Les chercheurs de l'institut Pasteur confirment que le variant sud-africain du coronavirus est plus résistant aux anticorps que le variant anglais. Pour établir cette conclusion, ils ont prélevé des échantillons de sang sur des patients hospitalisés contaminés par le virus et sur des personnes vaccinées. Ensuite, ils ont testé la réaction des sérums sanguins de ces deux catégories de personnes avec de vrais souches de virus. Leurs résultats, parus la semaine dernière dans la revue Nature Medicine, sont venus confirmer les conclusions d’autres études scientifiques.

Une immunité naturelle efficace contre le variant britannique 

Le variant anglais a été neutralisé par 95% des sérums sanguins des personnes qui avaient déjà été infectées. Pour certaines d’entre elles, l’infection remontait jusqu’à 9 mois. Les résultats sont tout aussi spectaculaires sur la souche initiale du Sars-Cov-2, celle qui circule en Europe depuis le début. Elle a été neutralisée à 95% par l’immunité naturelle. En revanche, les chercheurs ont vu que le variant sud-africain était beaucoup plus résistant. Dans 40% des cas, il n’a pas été neutralisé, surtout chez les sujets avec de faibles niveaux d’anticorps.

Le vaccin de Pfizer-BioNTech protège à 60% contre le variant sud-africain

Les chercheurs de l’institut Pasteur ont testé le vaccin de Pfizer-BioNTech et ils retombent quasiment sur les mêmes résultats : 80% des sérums sanguins de personnes vaccinées neutralisent la souche initiale et le variant britannique, contre 95% avec une immunité naturelle. Contre le variant sud-africain, le vaccin protège à 60% seulement, un taux identique à la protection naturelle, mais seulement quatre semaines après l’injection du vaccin. 

Heureusement pour l’instant, ce variant circule très peu en France, puisqu'il ne représente que 6% des cas. Et maintenant qu’ils savent qu’il y a un déficit de protection, les chercheurs préparent des "boosters", qui sont des vaccins adaptés à ces variants. Les Français du laboratoire Sanofi et ceux du VRI, l’institut de Recherche vaccinale, comptent livrer ces vaccins de deuxième génération dès l’année prochaine. De leur côté, Moderna et Pfizer préparent une troisième dose plus résistante à ces mutations. 

Un tube à essai dans un laboratoire de biologie cellulaire. Photo d\'illustration.
Un tube à essai dans un laboratoire de biologie cellulaire. Photo d'illustration. (RAEL MARTINEZ / EFE)