Comment la science a fait évoluer la pratique du handisport

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Les Jeux paralympiques démarrent mardi 24 août et pour 10 jours, à Tokyo. 4 400 athlètes attendus à huis clos et 22 disciplines au programme. 

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Match de basket handisport entre les équipes de Saint-Avold et de Hyères. Photo d'illustration. (CHRISTIAN LANTENOIS L'UNION/L'ARDENNAIS / MAXPPP)

La science a fait progresser les performances des athlètes grâce à la recherche en biomécanique, et au progrès dans les équipements des sportifs. Si l’on prend l’exemple du fauteuil roulant, il y a 40 ans un basketteur jouait avec son fauteuil de ville, et des roues droites donc. Mais désormais, avec l’inclinaison des roues vers l'intérieur selon un angle de 10 à 25 degrés, les athlètes tournent plus facilement avec leur fauteuil, juste en se penchant parfois, nous a expliqué Arnaud Faupin, chercheur en biomécanique et conseiller à la fédération française de handisport. Cela a permis aussi d'améliorer la stabilité du fauteuil : un basketteur peut même se mettre sur une seule roue pour gagner en hauteur.

Par ailleurs, le poids du fauteuil a été divisé par trois depuis les années 80, grâce au carbone, à l'aluminium et au titane. Lors des épreuves de course, 95% des athlètes font aujourd’hui tourner les roues du fauteuil, avec des gants rigides, ce qui permet une meilleure restitution d'énergie. Même principe avec les dernières générations de prothèses de course : en jouant sur les matériaux et la courbure de la lame, les ingénieurs arrivent de mieux en mieux à restituer une bonne énergie dans le mouvement, celle qui se rapproche le plus de l'énergie du membre manquant. 

La performance de l’athlète compte pour beaucoup

Le niveau international a beaucoup augmenté, et un athlète handisport s'entraîne autant qu’un athlète valide, car non seulement il faut des heures de pratique pour entretenir sa condition physique mais, nous a expliqué l'entraîneur et formateur Serge Robert, il faut du temps pour trouver les réglages parfaits avec un fauteuil, ou une prothèse. Cela se joue parfois au centimètre près.

Pour les Jeux paralympiques qui démarrent, la France espère se classer parmi les dix meilleurs pays. Ensuite, pour préparer au mieux les JO de 2024 à Paris, un programme de recherche impliquant 13 laboratoires en santé et biomécanique a déjà été lancé. Il vise à équiper certains athlètes handisport avec toutes sortes de capteurs, pour les aider à trouver les bons réglages pendant l'entraînement, les bons gestes, avec leur prothèse ou leur fauteuil, de façon à être plus performant et à éviter les blessures.
 
Pour tous les équipements handisports, il y a un cahier des charges précis à respecter, avec la taille des roues du fauteuil ou la longueur la prothèse, par exemple. Et tout cela est scruté et mesuré avant chaque épreuve.

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