On sait comment se dessinent nos empreintes digitales

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C’était un mystère scientifique : on ne savait pas ce qui contrôlait la forme de nos empreintes uniques. Une étude génétique montre d’où elles viennent : ce ne sont pas simplement des pliures aléatoires de la peau. Les empreintes digitales sont commandées par les mêmes gènes qui contrôlent la formation des membres et des doigts. 


Article rédigé par
Mathilde Fontez - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Un mystère s'éclaircit. Une équipe de chercheurs a découvert que nos empreintes digitales sont commandées par les mêmes gènes qui contrôlent la formation des membres et des doigts. (Illustration) (ANDRIY ONUFRIYENKO / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

Avec Mathilde Fontez, rédactrice en chef du magazine scientifique Epsiloon, aujourd’hui, nous parlons de nos empreintes digitales. Une découverte majeure vient de mettre fin à un mystère scientifique. 

franceinfo : Une équipe de chercheurs en génétique vient de découvrir comment se forment nos empreintes digitales ?

Mathilde Fontez : Oui, et la découverte, c’est que ce n’est pas simplement le hasard qui forme ces petits sillons. Ce n’est pas seulement la peau qui se plie aléatoirement. Le dessin en arcs, en boucles ou en tourbillons qu’on a sur le bout des doigts est commandé par nos gènes.

Il y avait des soupçons, une équipe chinoise a donc rassemblé toutes les études qui existaient sur le sujet : les génomes et les empreintes de doigts de 23 000 personnes. Et c’est comme ça qu’ils ont trouvé 43 régions de l’ADN qui codent la forme des empreintes. Et en particulier un ,gène, le gène EVI-1, qui commande aussi le développement de nos membres.   

Les mêmes gènes qui donnent leur forme à nos mains façonnent nos empreintes ?

C’est exactement ça. Les chercheurs ont pu le vérifier concrètement, en activant et désactivant ce gène chez la souris. Ils ont pu observer qu’avec le gène modifié ou désactivé, les souris développaient des motifs d’empreintes inhabituels à l’extrémité de leurs pattes.

Chez l’humain, ils trouvent même une corrélation avec la longueur des doigts. Par exemple, ceux qui ont un motif d’empreinte digitale en tourbillon, qui s’enroule autour du centre – je vous laisse regarder si c’est votre cas – c’est le mien. Eh bien nous avons tendance à avoir des doigts plus longs. Ça se voit en particulier sur le petit doigt : les chercheurs mesurent qu’en moyenne, il est plus long d’1,32 millimètre.

Les chercheurs ont même détaillé le phénomène : il est dû à l’action d’une protéine, dont la fabrication est déclenchée par le gène EVI-1. Une fois sécrétée, elle commande la formation de petits coussinets au bout de nos doigts alors que nous sommes encore dans le ventre de notre mère, autour de la dixième semaine de grossesse. Ensuite, ces coussinets disparaissent. Mais la forme s’imprime sur les empreintes.   

Tout ça, ça veut dire qu’on peut prédire la forme des empreintes en analysant l’ADN ?

Non. Pas à ce point-là. Les chercheurs ont tenu à le préciser dans leur publication. Les gènes ne commandent pas tout, seulement les motifs principaux. Il reste une part de hasard dans la structuration de la peau, et c’est ce qui fait que nos empreintes digitales sont d’une incroyable variété. Toutes différentes !   

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