Les technologies pour traquer les émissions de gaz à effet de serre sont prêtes

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Aujourd’hui dans" Le billet sciences du weekend", alors que la COP26 se poursuit à Glasgow, Mathilde Fontez nous parle de la surveillance des émissions de gaz à effet de serre.

Article rédigé par
Mathilde Fontez - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
Comment surveiller les émissions de gaz à effet de serre. (Illustration) (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Alors que la COP26 se poursuit à Glasgow, Mathilde Fontez, rédactrice en chef du magazine scientifique Epsiloon rappelle que la surveillance des émissions de gaz à effet de serrer, c'est un enjeu majeur. C’est bien beau de se mettre d’accord sur des objectifs d’émissions, mais encore faut-il pouvoir vérifier qu’ils sont tenus.

Et jusque-là, c’était très difficile de mesurer précisément, localement, le CO2, de méthane, ou des autres gaz à effet de serre qui provoquent le réchauffement climatique. Mais c’est en train de changer. Oui, c’est une bonne nouvelle. Il faut l’avouer, ce n’est pas si facile d’en donner quand on parle du réchauffement…

franceinfo : Ce sont de nouvelles technologies qui ont été développées ?

Mathilde Fontez : Majoritairement de nouveaux satellites. Les projets se multiplient depuis deux ans. Pour traquer le méthane, on développe des satellites qu’on appelle hyperspectraux : ils décomposent la lumière solaire réfléchie par la Terre. Ça permet de détecter la signature des espèces chimiques de l’atmosphère. Il y en a déjà dans l’espace, le réseau européen Sentinel par exemple. Et au moins 9 nouveaux devraient être envoyés d’ici 2023. Plus une constellation en 2025.

Pour le CO2 c’est plus dur. Jusque-là, il n’y avait que les capteurs au sol qui pouvaient faire des mesures précises. Mais ça y est, deux satellites spécialisés, ont été mis au point en Europe. Ils devraient s’envoler vers 2025.

Et l’intelligence artificielle entre aussi dans le jeu : ces programmes informatiques qui sont capable d’apprendre à reconnaître des motifs à partir d’un jeu de données, commencent à aider à analyser les images prises par les satellites, pour extraire les panaches de CO2.

Qu’est-ce qu’on cible avec ces satellites ? Les centrales électriques ?

Pour le CO2 oui, les centrales à charbon, à gaz, à pétrole. Mais aussi les usines métallurgiques. Elles émettent 8% des émissions mondiales. Et pour le méthane, on traque les rejets des exploitations de gaz de schiste, les émissions qui sont dues aux maintenances sur les gazoducs. On regarde les bouches d’aération des mines à charbon, les décharges à ciel ouvert…

Il y a vraiment là un pouvoir d’action sur le réchauffement : en bloquant ces émissions, en bouchant les fuites, des études montrent qu’on pourrait le ralentir de 30%, et éviter 0,25% de hausse température globale en 2050.

C’est une sorte de police climatique qui est en train de se mettre en place ?

Pour l’instant, rien n’est organisé au niveau international. Mais ça commence. L’ONU a créé en mars dernier un observatoire des émissions de méthane. Et rien que la publication de ces mesures d’émissions fait déjà effet. Un exemple : il y a deux ans, le gouvernement chinois a démantelé des usines parce que des panaches de CFC y avaient été détectés.

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