Le billet sciences du week-end. Sciences sociales : Facebook ne polarise pas forcément les groupes

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On évoque aujourd'hui une étude qui vient bousculer les idées reçues autour des réseaux sociaux.

Article rédigé par
Mathilde Fontez - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Facebook divise ou rassemble ? Une étude apporte des nuances surprenantes (Illustration) (OLIVIER DOULIERY / AFP)

On accuse les réseaux sociaux de tous les maux : ils propagent les fake-news, les contenus haineux, ils catalysent les désaccords… Or, une étude prouve aujourd’hui qu’ils pourraient dans certains cas jouer un rôle positif : ils favoriseraient la circulation des idées, le débat, ils rapprocheraient les groupes.

Les réseaux sociaux joueraient un rôle social rassembleur

C’est une chercheuse en sciences politiques de l’université de New York, Nejla Asimovic, qui parvient à cette conclusion. Elle a eu l’idée d’étudier les effets de Facebook dans un contexte particulier : en Bosnie-Herzégovine, au moment de la commémoration du génocide de plus de 8 000 Bosniaques musulmans, à Srebrenica de 1995. Partant du principe que les discussions liées à cette guerre s’intensifient durant cette période, la chercheuse a créé deux groupes de Bosniaques, Serbes et Croates : un premier dont la consigne était de désactiver Facebook pendant sept jours ; et un autre qui conservait l’accès au réseau.

Et, surprise : les personnes privées de Facebook se sont montrées bien plus agressives envers les autres que celles qui avaient conservé leur accès. Ils exprimaient plus de mauvais sentiments, plus de commentaires péjoratifs envers les autres ethnies. Une conclusion à rebours des précédentes études qui tendent toutes à montrer que les réseaux sociaux, sont générateurs de divisions entre les groupes. 

On se serait trompé sur l'impact de Facebook ?

Une étude américaine a ainsi observé il y a un an que couper Facebook pendant les quatre semaines précédant les élections américaines de 2018 avait réduit la polarisation politique…Cette étude le montre, ce n’est pas si simple. Notre comportement dans le monde numérique dépend du contexte dans lequel nous vivons, dans le monde réel.

Cela parait évident, mais il fallait y penser. Dans un environnement mélangé, où les différents groupes sociaux peuvent interagir et débattre, Facebook a tendance à polariser. Mais dans les milieux très clivés, Facebook peut au contraire offrir une ouverture.

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