La station spatiale internationale a été reboostée sans l’aide des cargos russes

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C’était l’une des craintes au début de la guerre en Ukraine : un arrêt des collaborations spatiales internationales allait-il provoquer la chute de l’ISS ? Depuis, Russie, États-Unis et Europe ont continué de collaborer dans la station et un cargo américain de la NASA a réussi à relever l'ISS. 

Article rédigé par
Mathilde Fontez - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La station spatiale internationale et la Terre. Création numérique. (Illustration) (SEBASTIAN KAULITZKI / SCIENCE PHOTO LIBRARY RF / GETTY IMAGES)

Avec Mathilde Fontez, rédactrice en chef du magazine scientifique Epsiloon, direction l’orbite de la Terre, à 400 kilomètres au-dessus de nos têtes, avec la menace qui pesait sur l'orbite de l'ISS depuis le début de la guerre en Ukraine.

Un arrêt des collaborations allait-il provoquer sa chute sur Terre ? Russes, Américains et Européens sont restés ensemble à la manoeuvre. Et en parallèle, la NASA a entrepris des essais avec l’industriel Northrop Grumman : ça marche, le vaisseau américain est parvenu à relever l’ISS pour éviter sa chute…

franceinfo : Dans la station spatiale internationale, un cargo américain vient de réussir à corriger la trajectoire de la station, pour la première fois...  

Mathilde Fontez : Oui, c’était l’une des craintes au début de la guerre en Ukraine. La station spatiale internationale, cette grosse construction en orbite, une collaboration entre la Russie, l’Europe, les États-Unis, le Japon et le Canada, qui accueille en permanence des astronautes depuis 1998, a besoin d’être propulsée à intervalles réguliers, pour maintenir son orbite, et ne pas tomber sur Terre.

Et ça, depuis le départ, c’est le rôle des cargos russes. Seuls, eux ont la capacité d’allumer leurs moteurs pour donner une petite impulsion à la station et garantir la stabilité de son orbite. Or, en réponse aux sanctions internationales, le chef de l’agence spatiale russe avait menacé, au début du conflit en Ukraine, d’arrêter. De laisser la station se désorbiter, et s’écraser. Il avait même publié une carte qui montrait où la station pouvait tomber…

Sauf que la collaboration a finalement continué dans l’ISS ?

Oui, l’ISS est restée cette petite bulle dans l’espace, hors des guerres terrestres. Un lieu où la Russie, les États-Unis et l’Europe collaborent. Même si les collaborations scientifiques entre les astronautes allemands et russes ont été interrompues. Tout s’est passé normalement.

Le 30 mars dernier, deux cosmonautes russes d’ailleurs sont revenus sur Terre, avec un Américain. Des déclarations d’amitié ont été faites. Mais la NASA a tout de même décidé de prendre ses précautions pour garantir l’orbite de la station…  

L’orbite de la station serait garantie grâce à un cargo américain ?

C’est un cargo nommé Cygnus, qui est opéré par l’industriel Northrop Grumman. Il s’est amarré à l’ISS en février dernier, pour apporter de la nourriture et du matériel. Sa redescente sur Terre était prévue pour fin juin. Mais juste avant, le 26, le test a eu lieu : le cargo Cygnus a allumé son moteur principal pendant 5 minutes. Et ça a marché, la station a été remontée de quelques centaines de mètres.

Mission accomplie donc, la NASA a prouvé qu’elle avait la capacité, de maintenir la station en orbite sans les Russes. Le spectre de voir cette construction de 110 mètres de long et de plus de 400 tonnes s’écraser sur Terre s’éloigne…

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