L'interview politique, France info

Mélenchon veut la "mise sous tutelle ou la réquisition" de la Société générale

Alors que la Société générale est visée par le scandale des Panama papers, Jean-Luc Mélenchon, membre du Parti de Gauche, a demandé jeudi matin sur France Info "un châtiment". "Ce qui est à l'ordre du jour, c'est plutôt sa mise sous tutelle ou sa réquisition" pour "pouvoir faire le ménage dedans", a estimé le député européen.

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Alors que la Société générale est visée par le scandale des Panama papers, Jean-Luc Mélenchon, membre du Parti de Gauche, a déclaré jeudi matin sur France Info que "cette fois-ci, il faut un châtiment ". Il a considéré que la banque "avec ses 1.000 sociétés offshore" était "une espèce d'industrie de la triche, de la fraude et de la combine ". L'eurodéputé a demandé la mise sous tutelle de la Société générale : "Dès lors que son PDG [Frédéric Ouvéa-NDLR] ment ouvertement devant des parlementaires et sous serment, on est en droit de dire qu'on ne peut plus avoir confiance en elle. Par conséquent, ce qui est à l'ordre du jour, c'est plutôt sa mise sous tutelle ou sa réquisition " pour "pouvoir faire le ménage dedans, sans croire ce que dit son PDG. On ne peut plus croire ces gens-là, ils mentent tout le temps ." 

Jean-Luc Mélenchon s'est aussi interrogé sur la récurrence des scandales liés à cette banque, après l'affaire Jérôme Kerviel : "A la fin, ça finit par être très troublant", s'est-il étonné. "De manière constante et permanente, quoi que dise la Société générale, elle est crue. Et elle est prise la main dans le sac soit de mentir, soit de ne pas prouver ce qu'elle avance ", a dénoncé le député européen.

Nuit debout : "Notre pays est en train de reprendre sa respiration "

Jean-Luc Mélenchon s'est dit "enchanté " par le mouvement Nuit debout qui a débuté place de la République à Paris et s'est étendu à plusieurs villes de province. "Je suis enchanté par ce qui se passe. C'est le mouvement du peuple ". "*Notre pays est en train de s'ébrouer, de reprendre sa respiration. Sa jeunesse qui a été socialement martyrisée, qui est hyper qualifiée et rejetée dans des emplois précaires, est en train de s'affirmer ", a estimé le député européen.*

Jean-Luc Mélenchon a raconté s'être rendu sur place, mais sans volonté de récupération : "J'y suis allé, il n'y a aucune difficulté. Il ne faut pas que qui que ce soit vienne avec ses drapeaux parce qu'il faut à tout prix aider ce mouvement à se fortifier. Et pour qu'il se fortifie, il ne faut pas qu'il y ait d'allégeance politicienne ."  Le fondateur du Parti de Gauche a clairement relié ce mouvement Nuit debout aux actions contre la loi Travail : "*Vous faites deux tas, moi pas. C'est la même chose, c'est l'insurrection lente, progressive du peuple français contre un système politique qui lui ment, triche, ne tient pas ses promesses et met en place un pourrissement général de la vie quotidienne des gens .* "

Emmanuel "Macron pense à son futur, ou à aider M. Hollande "

Jean-Luc Mélenchon a réagi à la création du mouvement politique "En Marche !" par Emmanuel Macron. Il "pense à son futur, ou à aider M. Hollande ", a commenté le député européen. "Ça fait rigoler un peu. Les gens qui ont mis en panne tout le système et l'économie du pays qui font un truc qui s'appelle 'En Marche !'. En tout cas, moi, ça me fait rigoler " , a ironisé le député européen. "Il y a une ambiance de révolution de palais. Vous et moi, on ne sait pas très bien qui manœuvre pour qui dans cette histoire mais on voit bien qu'ils sont en pleine préparation de la campagne présidentielle de François Hollande ", a-t-il estimé.

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