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Les impôts pourraient encore grimper en 2014

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Le gouvernement prépare-t-il des hausses d'impôts pour 2014, voire après ? Le ministre de l'économie ne les exclut pas en tout cas. Pourtant François Hollande avait souhaité ne plus toucher au curseur après les hausses de 2013. Mais il faut trouver de l'argent en attendant la croissance.
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Radio France
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C'était au mois de mars dernier, il n'y a pas si longtemps donc. A la télévision, François Hollande décortiquait sa politique de maîtrise des finances publiques et il pouvait encore promettre de ne pas trop solliciter les contribuables : "Une partie en économie, une partie sera l'augmentation de la TVA sauf sur les produits de première nécessité, pour que le pouvoir d'achat des Français ne soit pas affecté... trop. Pour 2014, en dehors de cette disposition pour les ménages, il n'y aura aucune autre augmentation d'impôts. Je parle de l'Etat ".

Une déclaration à l'époque plutôt rafraichissante après une augmentation des prélèvements de 30 milliards depuis l'arrivée de François Hollande à l'Elysée qui se sont ajouté aux autres 30 milliards de hausse décidés par le précédent gouvernement. On allait pouvoir souffler, au moins pouvoir se dire qu'on avait grimpé le mont Ventoux fiscal.
Cinq mois plus tard, le gouvernement est en pleine préparation du budget de l'an prochain. Rappelons que l'objectif est d'arriver à 2,9% de déficit en 2015. Et on note une légère inflexion du discours. Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici : "La réduction du déficit sera aux deux tiers faite par la dépense publique et à un tiers par les prélèvements obligatoire dont nous avons dit que nous voulions réduire la hausse au maximum à 0,2 ou 0,3 points de PIB l'an prochain. Pour ce qui est de la fiscalité, les arbitrages seront faits fin août ".

Si la croissance n'est pas au rendez-vous alors il faudra payer plus. Le même Pierre Moscovici se veut optimiste : "D'abord, l'indice de la production industrielle a crû sur le premier trimestre. Le moral s'améliore dans l'industrie. Les embauches ont crû de 6% en mai. Ce qu'on sent, c'est qu'il y a un frémissement. Les prévisions dont nous disposons, à la fois de l'Insee et de la banque de France, laissent à penser que le 2ème trimestre 2013 sera à + 0,2 ".

Alors 0,2%, ça décoiffe presque. On est à la limite de la sensation forte. Sachant que pour que le chômage se stabilise, il faut au moins 1,5% de croissance il va tout de même falloir durer dans la sensation forte.

Scénario à la grecque

Pour l'opposition, la hausse des impôts est déjà là et bien là. Le député UMP de la Manche Philippe Gosselin a sorti sa calculette et pour lui, c'est bien la touche plus qui chauffe : "Je crois que les 14 milliards qui vont s'ajouter à la hausse de la TVA, qui vont s'ajouter aux 20 milliards pour les particuliers en 2013 seront bien là et ça va compter. Et puis on ajoutera aussi, petite cerise sur le gâteau, la hausse de 5% des prix de l'électricité, puis 5% l'an prochain. Ce qui fera entre 10 et 25% en un an. C'est pas mal pour le pouvoir d'achat et pour cette gauche qui se dit proche des gens ".

La droite n'attend pas le projet de budget 2014 pour sonner le tocsin. Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan y voit une glissade à la grecque : "On relancera l'activité économique au contraire par des baisses d'impôts ciblées sur la création de richesse sur le territoire français pour relocaliser l'activité. Mais pour cela, il faut s'exonérer des règles de l'Union européenne. Il y a bien un moment où tout cela va s'arrêter. mais quand finiront-ils par le comprendre ? Sinon ils finiront comme Papandréou "

La banque de France qui a relevé de 0,1 point ses prévisions de croissance estime qu'on est dans une période de reprise lente. Et plus elle prend son temps, plus l'impôt risque d'être appelé à la rescousse.

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