Cet article date de plus de huit ans.

Le Point lance "l'affaire Copé" à trois semaines des municipales

écouter
L'UMP se retrouve dans une tourmente qu'elle n'a pas connue depuis longtemps...
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
  (©)

Voilà
une affaire qui va faire du bruit et qui affole déjà toutes les rédactions
depuis minuit, depuis que le teasing ,
la mise en bouche a débuté sur le Net. Imaginez l'impact : "L'affaire
Copé : Sarkozy a-t-il été volé ?", titre de manière très spectaculaire
le magazine Le Point dans les
kiosques ce matin. Notre confrère affirme, enquête détaillée à l'appui, que
Jean-François Copé aurait sponsorisé avec l'argent de l'UMP, une  société de communication fondée par deux de
ses fidèles amis, société qui a largement participé à la campagne
présidentielle perdue de Nicolas Sarkozy en 2012. Tout y est sur le papier,
tous les ingrédients sont réunis : des hommes et des femmes politiques de
premier plan, des jeux de pouvoir, beaucoup d'argent, des magouilles supposées,
un monde sans pitié. Les prochaines heures seront décisives :
Jean-François Copé, qui était en meeting à Nantes hier soir, réfute ces
accusations et va occuper les prochaines heures de cette journée qui s'annonce
longue à porter plainte contre le magazine, les auteurs de l'enquête, et à
organiser sa riposte. La particularité est que nous sommes à 24 jours du
premier tour des municipales. Quelle que soit l'issue de cette histoire, avec une
telle publicité, le coup est rude pour le principal parti d'opposition.

Jean-François
Copé n'a pas encore réagi personnellement.

Ce
sont ses proches qui s'expriment. Que disent-ils ? Qu'il ne s'agit que
d'infos vraies et fausses, mises bout à bout, d'amalgames. Que ça sort de nulle
part, avant un scrutin majeur. Jérôme Lavrilleux, le bras droit de Copé, son
directeur de cabinet - la technique est classique - cible Franz-Olivier
Giesbert, figure emblématique du Point,
et dénonce un acharnement. "Deux ans qu'on s'en prend plein la gueule
dans les médias", se désole ce matin un collaborateur du président de
l'UMP. "La charge contre  Michèle
Tabarot, les rumeurs autour de Buisson, les écoutes, les confidentiels
dégueulasses, on a eu droit à tout et ça ne va pas s'arrêter", ajoute ce
proche copéiste.

En fait, le feu couve depuis de longs mois au sein d'un parti
qui ne s'est jamais vraiment remis de la guerre fratricide de l'après Sarkozy,
celle qui a opposé fin 2012 Copé à Fillon pour la présidence de l'UMP. "A
qui profite le crime", s'interroge ce matin encore l'entourage de
Jean-François Copé, sans en dire plus, mais avec une pensée certaine en
direction de ceux de l'autre bord, qui en interne n'ont jamais digéré la
défaite.

Et puis il y
a l'argument qui fait mal.

Les
militants UMP qui ont cotisé pour le Sarkothon devraient l'avoir mauvaise.
Avoir donné 11 millions d'euros pour rembourser les frais de la campagne
présidentielle invalidés de Nicolas Sarkozy alors que la somme incriminée dans
l'enquête du Point s'élèverait à 8
millions d'euros, ça va faire réfléchir. L'entourage de JF Copé répond du tac
au tac : "Une campagne, ça coûte cher, les locations de Zéniths
aussi. Le Conseil Constitutionnel, même s'il en a rejeté une partie, a épluché
et validé les comptes en question". Qui aura le dernier mot ? L'UMP
va vivre des heures, des jours difficiles, au moment où Jean-François Copé joue
son avenir à la tête du parti. "Si nous gagnons ces municipales, cela
remettra de l'essence dans les voitures", prévient l'un de ses soutiens. La
partie de bras de fer ne fait que commencer.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.