L'interview politique, France info

Comment gérer l'après sommet social ?

Au lendemain du sommet de crise à l'Elysée, comment Nicolas Sarkozy va s'y prendre pour faire passer ses mesures les plus controversées ?

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Pourquoi reporter à la fin du mois ce qu'on aurait pu faire le jour même ? Il n'aura échappé à personne que le chef de l'Etat s'est limité hier aux annonces les plus consensuelles. Traitement social du chômage en quelque sorte, avec 430 millions d'euros de fonds publics redéployés pour mieux former les demandeurs d'emploi, financer le chômage partiel, encourager l'embauche des jeunes et recruter à Pôle Emploi.

Les réformes plus polémiques, comme la modification du financement de la protection sociale via notamment la TVA sociale ou encore les accords sur le temps de travail et les salaires dans les entreprises en difficulté, tout cela sera annoncé plus tard.

Pourquoi ces annonces en deux temps ?

D'abord pour ne pas braquer immédiatement les syndicats. Sur le perron de l'Elysée hier, certaines organisations de salariés ont du reconnaître des avancées. Et puis politiquement, cela permet au président de la République de déminer le terrain dans son propre camp, tout en laissant l'adversaire se découvrir avant de sonner la charge.

A droite...

Déminer le terrain, car au sein même de l'UMP, il y a réticences à mettre en place la TVA sociale à 3 mois des échéances électorales. Certains députés redoutent d'en payer la facture dans les urnes. Dans les 10 jours qui viennent, le chef de l'Etat va donc consulter les parlementaires pour tenter d'amadouer les réfractaires et éventuellement ajuster la réforme. Claude Goasguen est député UMP de Paris : "C’est pas fait la TVA sociale ! Attendez ! Est-ce que la TVA sociale sera retenue ? L’option est ouverte ; quelle sera la hauteur de la TVA sociale ? Est ce qu’on panachera la TVA avec la CSG ? […] Rien ne serait pire qu’une UMP se divise à la veille d’une élection de genre (présidentielle, ndlr)".

Et à gauche

Ce dimanche, François Hollande tient son premier gros meeting au Bourget près de Paris. Il doit commencer à détailler ses propositions de campagne. En ne disant pas tout tout de suite, Nicolas Sarkozy évite donc de donner des bâtons pour se faire battre et se réserve la possibilité d'envoyer quelques piques sur le projet de son rival. Pour le député UMP Franck Riester, on peut bien patienter quelques jours :
"Une semaine, ça va, c’est pas non plus un délai incroyable ; prendre le temps de la réflexion et écouter les partenaires sociaux, je pense que c’est quand même attendu par les français".  

Une intervention télévisée est donc prévue à la fin du mois. Cela permettra au chef de l'Etat de continuer à garder la main sur l'agenda avec ensuite l'examen des textes au Parlement en février, et sans doute vers la mi-mars l'annonce de la candidature avec un gros événement promet-on. Il est question d'un livre mais ce n'est pas officiellement confirmé. Dans tous les cas, il s'agit de maîtriser le tempo de la campagne, "car s'il ne récupère pas le leadership du débat" , confie un ministre, "c'est perdu".

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