Prix de l'énergie : "Il y a un risque que la France perde ses industries", selon la géographe Anaïs Voy-Gillis

écouter (8min)

Anaïs Voy-Gillis, docteur en géographie et spécialiste des questions industrielles estime que la France perd en ce moment son avantage compétitif industriel qui concernait le coût de l'énergie. 

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Anaïs Voy-Gillis, docteure en géographie, spécialiste des questions industrielles et auteure de Vers la renaissance industrielle (éd. Marie B) était l'invitée de franceinfo le 17 novembre 2022. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Avec les prix de l'énergie qui flambent, les entreprises ont du mal à s'en sortir. De là à s'attendre à un mur de faillites ? "Pas sûr", répond Anaïs Voy-Gillis, docteure en géographie, spécialiste des questions industrielles et auteure de Vers la renaissance industrielle (aux éditions. Marie B), "car pour le moment si le taux de défaillances d'entreprises remonte, c'est parce que l'économie repart après avoir été mise sous cloche pendant le Covid."

Certaines arrêtent leur production comme Duralex et Anaïs Voy-Gillis cite d'autres exemples : "L'allemand BASF, qui est dans la chimie, a annoncé réduire ses investissements en Europe, car le coût de l'énergie y est trop élevé. Pareil pour Safran. Nous allons vers des industriels qui se détournent de l'Hexagone dans cette période d'investissement."

L'Etat vole pourtant au secours des entreprises, il a annoncé 10 milliards d'euros pour les entreprises qui consomment beaucoup d'énergie, après les 35 milliards d'euros injectés pendant la crise. "Par rapport aux 200 milliards d'euros débloqués par l'Allemagne, ce n'est pas grand-chose", répond Anaïs Voy-Gillis. 

>> Crise énergétique : "Beaucoup d'entreprises ne savent même pas qu'elles bénéficient d'un bouclier tarifaire sur l'électricité"

Les Etats-Unis sont très compétitifs, avec des prix de l'énergie bas, grâce aux gaz de schiste et des subventions de la part du gouvernement. Anaïs Voy-Gillis estime que "l'Europe est trop naïve. Surtout alors que les Etats-Unis, eux, privilégient les produits assemblés sur le territoire américain.  Aujourd'hui l'Europe ne le fait pas." 

Retrouvez l'interview en intégralité : 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.