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L'interview éco. Vente de Rafale à l'Inde : "Une très bonne nouvelle pour le savoir-faire français" (PDG de Dassault Aviation)

Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, était l'invité de Jean Leymarie sur franceinfo vendredi 23 septembre. Il est revenu sur la vente de 36 avions Rafale au gouvernement indien.

Article rédigé par franceinfo, Jean Leymarie
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 7 min
Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, le 23 septembre 2016 à New Delhi. (CHANDAN KHANNA / AFP)

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et Dassault Aviation ont signé vendredi 23 septembre un contrat avec le gouvernement indien pour la vente de 36 avions de combat Rafale. La transaction s'élève à un peu plus de 8 milliards d'euros. C'est le plus gros contrat jamais signé à l'export dans l'aviation militaire pour la France.

"C'est une très bonne nouvelle pour l'emploi en France et pour le savoir-faire français, a réagi le même jour sur franceinfo Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation. On en a tenu compte l'année dernière quand j'ai augmenté la chaîne de fabrication. Il y a création d'emplois sur Dassault, Snecma, Thalès et les 500 sous-traitants."

Ces avions seront construits principalement en France. Mais des contreparties à hauteur de 50% du montant du contrat ont été négociées. Cette clause de contrepartie "nous oblige à travailler en Inde et à débuter des partenariats avec des industriels indiens pour fabriquer un certain nombre de matériels en Inde. C'est une grande opportunité de coopération et de préparation du futur", a expliqué Éric Trappier au micro de Jean Leymarie.

Il y a création d'emplois sur Dassault, Snecma, Thalès et les 500 sous-traitants

Éric Trappier

sur franceinfo le 23 septembre 2016

"On a fait des rabais importants, mais qui sont toujours cohérents avec la volonté des Indiens d'avoir des conditions optimales. Ce sont de rudes négociateurs, analyse le PDG de Dassault Aviation. C'est aussi cohérent avec notre politique commerciale et la volonté de donner de la pérennité à notre société. On ne brade pas et on ne vend pas à perte."

"Il faut que l'on soit implanté en Inde et que l'on puisse faire travailler les Indiens dans un certain nombre de domaines. Il y aura des transferts de fabrication. On va apprendre aux Indiens à fabriquer un certain nombre d'équipements. Donc on peut penser qu'il y aura des transferts de technologie."

Ce contrat intervient alors que la situation diplomatique est toujours très tendue entre l'Inde et le Pakistan. Depuis que François Hollande est à l'Elysée, la France bat même des records dans les ventes d'armements à l'étranger : près de 17 milliards d'euros de contrats signés en 2015. "Ce n'est pas lui qui vend. Le chef de l'État a su créer les conditions, précise Éric Trappier. Ces conditions, ce sont celles qu'il a générées, mais c'est aussi l'environnement, un monde dangereux qui n'est pas en sécurité partout. Il y a une méthode qui permet au ministre de la Défense de s'impliquer très directement sur le long terme et de manière assidue. Et il y a des industriels soudés au sein de cette équipe France. C'est le succès d'une méthode et d'une volonté".

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