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Financement des retraites : François Hommeril, président de la CFE-CGC, dénonce une "opération de dissimulation"

La conférence de financement de la réforme des retraites débute jeudi. Une conférence à laquelle la CFE-CGC va y participer, mais le syndicat de l'encadrement critique toujours une réforme qui va "diminuer les pensions".

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François Hommeril, président de la CFE-CGC.
François Hommeril, président de la CFE-CGC. (RADIO FRANCE)

La conférence de financement des retraites débute jeudi 30 janvier. Syndicats et patronat vont y participer. Pour le gouvernement, après des mois de contestation, ce rendez-vous a un but : obtenir l’équilibre financier du futur régime de retraite, en 2027.  

Invité éco de franceinfo mercredi 29 janvier, François Hommeril, président de la CFE-CGC, le syndicat de l’encadrement, critique la stratégie du gouvernement : "Je ne veux pas me prêter à cette opération de dissimulation qui est de focaliser toute l’attention sur un problème que le gouvernement a créé lui-même, c’est-à-dire l’augmentation du déficit en 2027."

Le syndicat y participera néanmoins, mais il viendra avec "des questions" : "Pourquoi le système est-il sous financé ? Pourquoi est-ce que vous prenez des décisions qui mettent le système en péril ? Pourquoi répétez-vous partout que les mères de famille seront avantagées dans le futur système, alors qu’en vérité c’est exactement l’inverse ? Pourquoi est-ce que vous ne prenez pas mieux en compte les carrières ascendantes, celles des agents que nous représentons, les membres de l’encadrement ?"  

Selon François Hommeril, "c’est le gouvernement lui-même qui a créé le déséquilibre [du régime], en creusant un trou dans la caisse, en ne compensant pas les exonérations notamment de cotisations sur les heures supplémentaires". Pour lui, le "vrai sujet" est "la fiabilité du système à terme".

La CFE-CGC ne manifestera plus     

La CFE-CGC n’appelle plus à manifester contre la réforme des retraites. Elle prend acte que "la mobilisation qui a été très forte n’a pas produit ce qu’elle aurait dû normalement produire dans un Etat responsable, c’est-à-dire une remise en question de son projet".  

Le syndicat n’appellera pas à d’autres journées d’action pendant la conférence de financement. François  Hommeril précise néanmoins : "Nous sommes toujours membres de l’intersyndicale".  

Il ajoute : "Les membres de l’encadrement que nous représentons font la même analyse que la majorité de l’opinion, c’est-à-dire que ce projet est particulièrement dangereux et qu’il repose sur un mensonge. Le gouvernement présente son projet comme un projet de progrès social. En vérité, c’est l’inverse. C’est un projet dont le seul objectif est de diminuer les pensions. Le système à points est un instrument qui le permet."    

Les opposants ont-ils perdu la bataille ? "D’une certaine façon, tout le monde a perdu. C’est la France tout entière qui a perdu à cause de l’attitude du gouvernement", estime le dirigeant syndical. Si la réforme passe, "ça va laisser le pays dans un état de facturation particulièrement grave."                

François Hommeril, président de la CFE-CGC.
François Hommeril, président de la CFE-CGC. (RADIO FRANCE)