Climat : on a "besoin massivement du nucléaire", estime Louis Gallois

écouter (8min)

Face à la crise climatique, le coprésident de la Fabrique de l’industrie défend la relance du programme nucléaire français.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Louis Gallois, coprésident de la Fabrique de l’industrie, "invité éco" de franceinfo mardi 16 novembre 2021. (FRANCEINFO)

L’État va consacrer 1,9 milliard d’euros au développement de la filière hydrogène. Emmanuel Macron l’a annoncé mardi 16 novembre, en défendant, à nouveau, le secteur nucléaire français, "solide, installé". Selon le président de la République, l’hydrogène, adossé à l’électricité nucléaire, va permettre "de réconcilier l’aventure industrielle, la croissance, avec la décarbonation de nos économies".

Invité éco de franceinfo, Louis Gallois, coprésident de la Fabrique de l’industrie, défend lui aussi le recours au nucléaire face à la crise climatique : "Il faut qu’on arrive à déconnecter la croissance de la consommation d’énergies fossiles, et pour cela on a besoin d’une énergie decarbonée. Cette énergie decarbonée, c’est le renouvelable, et c’est massivement le nucléaire."

Un "atout formidable", malgré Flamanville  

L’ancien patron d’EADS approuve la relance du programme nucléaire annoncée récemment par le chef de l’État : "C’est un atout formidable qu’a la France, avec 56 tranches en fonctionnement et une sécurité assurée par une des autorités de sûreté qui passe pour une des plus draconiennes du monde. Cette énergie peut être mise au service de l’industrie qui a besoin d’une énergie stable, pilotable et compétitive."

Le chantier de l’EPR de Flamanville cumule pourtant dix ans de retard, et une facture qui n’a cessé de flamber : plus de 19 milliards, selon la Cour des comptes. Mais pour Louis Gallois, ces obstacles peuvent être surmontés : "Le coût de Flamanville est très élevé, mais les tranches qui vont venir auront l’expérience de Flamanville (…) Si vous créez un effet de série, vous réduisez les coûts très sensiblement."

Crise climatique : "Un effort gigantesque de l’industrie"

Mais face à la crise climatique, ne faut-il pas changer de modèle, et produire, demain, moins de voitures ou moins d’avions ? "Je ne pense pas", répond Louis Gallois : "On a besoin de voitures, et ce seront des voitures électriques. On a besoin d’avions, qui seront au biocarburant et peut-être dans l’avenir à l’hydrogène".

"L’industrie fait un effort absolument gigantesque pour changer", insiste-t-il : "On va maintenant faire de l’acier avec de l’hydrogène ! Il y a des questions de coût, bien sûr. Mais il y a des solutions. L’innovation et la recherche sont essentielles. Il faut porter l’effort de recherche de la France à 3% du PIB".

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.