L'interview J-1, France info

Réforme de la SNCF : le député LR de Paris Claude Goasguen "soutient le gouvernement"

Claude Goasguen était l'invité politique de franceinfo lundi. Le député LR de Paris a notamment réagi à la réforme de la SNCF voulue par le gouvernement.

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Claude Goasguen, député LR de Paris, le 23 janvier 2018 à l\'Assemblée nationale.
Claude Goasguen, député LR de Paris, le 23 janvier 2018 à l'Assemblée nationale. (MAXPPP)

"Je soutiens le gouvernement parce que je pense que la réforme SNCF est nécessaire", a déclaré Claude Goasguen lundi 19 mars sur franceinfo. "On aurait dû le faire avant", ajoute le député Les Républicains de Paris, qui précise que "la pratique des ordonnances est peut-être contestable mais elle est démocratique".

Interrogé ensuite sur la réélection de Vladimir Poutine à la tête de la Russie, l'ancien maire du XVIe arrondissement de Paris estime que c'est surtout l'Allemagne qui doit faire des efforts : "Je ne suis pas inquiet sur la diplomatie française, mais j'ai peur d'être entraîné dans une espèce de goût allemand du conflit avec les Russes".

Enfin, sur le sujet des élections partielles à Mayotte, Claude Goasguen affirme que son parti ne s'alliera "jamais avec le FN."

franceinfo : Parmi les sujets d'actualité cette semaine, le mouvement à venir ce jeudi contre la réforme de la SNCF, le gouvernement ne veut rien lâcher dans ce dossier. A-t-il raison ?

Claude Goasguen : La droite a été tétanisée pour 20 ans au moins à cause de ce qui s'est passé en 1995 [cette année-là, la France avait été paralysée pendant un mois par une puissante mobilisation] et c'est en grande partie ce qui explique la défaite relative de la droite et des libéraux. On n'osait plus rien faire et moi je soutiens le gouvernement parce que je pense que la réforme de la SNCF est nécessaire, que de toute façon l'impératif européen nous la rend obligatoire, qu'en plus le statut [des cheminots] n'est pas un élément déterminant contrairement à ce qu'on dit, qu'elle va coûter très cher mais de toute façon c'était nécessaire, on aurait dû le faire avant. La pratique des ordonnances est peut-être contestable mais elle est démocratique et je pense que le mieux sera d'aller vite, de manière à ce que les usagers puissent ne pas trop pâtir d'une grève très longue comme en 1995, je pense d'ailleurs que les Français n'y sont pas prêts.

Quel est votre sentiment sur la réélection dimanche de Vladimir Poutine pour un quatrième mandat à la tête de la Russie ?

Ce n'est pas une surprise. Je pense que le système russe est un système qui n'est pas démocratique au sens occidental du terme, mais c'est un système qui tient debout. De toute façon, je crois que nous n'avons aucun intérêt, la France comme l'Europe, à mettre la Russie dans un état de frustration et d'éloignement. Il faut travailler pour la paix avec les Russes, ils sont désormais une puissance incontournable notamment au Moyen-Orient et je pense que l'Europe devrait faire des efforts de ce point de vue, notamment la diplomatie allemande. S'en prendre au Salon du Livre sur les écrivains russes était peut-être superflu [Emmanuel Macron avait boycotté jeudi dernier le Pavillon des auteurs russes en soutien à Theresa May dans l'affaire dans l'ex-espion empoisonné]. Ce qu'il faudrait surtout c'est que l'Allemagne essaye de faire des efforts, pas tant la France - je ne suis pas inquiet sur la diplomatie française - mais j'ai peur d'être entraîné dans une espèce de goût allemand du conflit avec les Russes que je ne veux pas suivre.

En 2015, à l'occasion d'une rencontre avec un ministre russe, vous aviez déclaré qu'il faudrait un Poutine à la France, est-ce que vous le pensez toujours ?

Ce que je voulais dire, c'est que je crois que l'on va vers une situation internationale où les pouvoirs exécutifs ont de plus en plus de force. C'est vrai en Chine, c'est vrai hélas avec Erdogan, c'est vrai avec Poutine... Est-ce que c'est pas aussi un peu la direction que prend la France ? Toute proportion gardée avec un exécutif qui se renforce et dont peut-être les prochaines réformes constitutionnelles vont donner un tempo supplémentaire. On ne peut toutefois pas comparer Emmanuel Macron et Vladimir Poutine parce que la France n'est pas la Russie. Je crois que chaque pays a son type de gouvernement et je note que le type de gouvernement, quelles que soient les tendances profondes du pays, tendent plus à renverser les exécutifs que les pouvoirs législatifs et comme je suis un Parlementaire dans l'âme, je le regrette.

Marine Le Pen avait appelé la semaine dernière à voter en faveur d'un candidat LR au premier tour d'une législative partielle à Mayotte. Voyez-vous cet appel du FN le d'un bon œil ?

Je ne le vois pas du tout. Je pense que c'est conjoncturel. Il y a peut-être une idée du Front national complètement inutile. On ne s'alliera jamais avec le FN. Cela étant, si les électeurs du FN veulent voter pour notre candidat qui peut passer à Mayotte, je crois que ce serait une bonne chose car je pense que ce candidat est un bon candidat. Il n'y a pas de flou là-dessus, je vous assure qu'il n'y aura aucune relation d'élus, de rapprochement - ou s'il y en a on prendra les sanctions qui s'imposent - mais vous savez, on est tellement différents du FN - contrairement à ce que croient la plupart des journalistes - nous sommes pour l'Europe, ils sont contre, nous sommes pour une vision de la société qui est une vision démocratique, eux à peine, nous n'avons pas de comportement aussi agressif que le FN. Nos électeurs se ressemblent par déception, mais très franchement nous n'avons pas grand-chose à voir avec eux.

Claude Goasguen, député LR de Paris, le 23 janvier 2018 à l\'Assemblée nationale.
Claude Goasguen, député LR de Paris, le 23 janvier 2018 à l'Assemblée nationale. (MAXPPP)